Elio Di Rupo reprend les négociations

Au terme de trois semaines de repos et quatorze mois après les élections législatives de juin 2010, le formateur entamait ce mardi de nouvelles concertations en vue de la formation d’un gouvernement fédéral. Elio Di Rupo (PS) rencontrait d’abord le Premier ministre Yves Leterme (photo principale), en affaires courantes, avant de voir progressivement les présidents des huit partis négociateurs (Open VLD, MR, SP.A, PS, Ecolo, Groen !, CDH et CD&V). La crise internationale des dettes jette un nouvel éclairage sur les négociations belges.

Le président des socialistes francophones, chargé par le Roi Albert II d’une mission de formation d’un nouveau gouvernement fédéral, débutait son nouveau tour de concertations en rencontrant ce mardi matin le Premier ministre démissionnaire, Yves Leterme (CD&V). Il s’agissait pour Elio Di Rupo de faire le point sur l’élaboration du budget 2012 et les engagements budgétaires de la Belgique auprès de l’Union européenne.

Di Rupo recevra ensuite ces prochains jours et jusqu’à mardi prochain, chacun séparément, les présidents des huit partis qui ont accepté de négocier une sixième réforme de l’Etat et la formation d’un nouveau gouvernement fédéral sur base de la note, amendée, que leur a proposée le formateur il y a quelques semaines. Une première réunion plénière des huit partis est cependant prévue pour vendredi 19 août dans l’après-midi. La deuxième réunion des huit partis devrait avoir lieu le 23 août.

Dans un communiqué diffusé vendredi, Elio Di Rupo rappelait que « comme convenu le 22 juillet, les négociations débuteront avec BHV », le dossier de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, « et les autres questions institutionnelles ».

Pour rappel, le parti nationaliste flamand N-VA, présidé par Bart De Wever et grand vainqueur en Flandre des élections de juin 2010, quittait de facto la table des négociations au début de l’été en rejetant catégoriquement la note proposée par Elio Di Rupo comme base pour entamer des négociations en vue d’une réforme de l’Etat et la formation d’une nouvelle coalition fédérale.

Le 21 juillet, le PS, le SP.A, le MR, Open VLD, Ecolo et Groen !, le CDH et le CD&V se mettaient d’accord pour poursuivre les négociations, après une pause de trois semaines de vacances. Les démocrates-chrétiens flamands ont affirmé ne vouloir continuer les négociations que si un accord intervient d’abord sur le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ce n’est qu’alors, estime le président du CD&V Wouter Beke, que les thèmes socio-économiques pourront être traités. Les autres partis se sont dits d’accord.

Urgence socio-économique

Au cours des trois semaines de repos des négociateurs, le besoin de négociations socio-économiques et d’une formation rapide d’un nouveau gouvernement fédéral s’est encore accru, en raison notamment de la crise internationale des dettes et la pression sur les marchés financiers.

Le président de l’Open VLD, Alexander De Croo (photo), affirmait ce mardi être d’accord qu’il fallait d’abord négocier le volet communautaire, « mais nous devons aussi reprendre aussi vite que possible des mains du gouvernement en affaires courantes les discussions sur le budget 2012 ». De Croo était le premier président de parti à s’entretenir, ce mardi, avec Elio Di Rupo.

« Il est grand temps de se mettre au travail », déclarait de son côté la présidente des socialistes flamands, Caroline Gennez. Cette dernière mènera encore jusqu’au 18 septembre les négociations pour le SP.A, avec d’être relayée par le nouveau président du parti, Bruno Tobback. « L’embêtant caillou doit d’abord sortir du soulier. Nous avons convenu que nous effectuerons d’abord la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ensuite nous devrons discuter d’urgence de réformes socio-économiques. L’urgence n’a fait qu’augmenter », concluait Gennez, qui devait aussi s’entretenir ce mardi avec le formateur.