"On ne peut prédire pareille situation"

A la suite des ravages causés par de lourdes intempéries, jeudi soir, sur le site du festival musical Pukkelpop dans le Limbourg, et du drame du décès de 5 festivaliers, de nombreux observateurs se demandent s’il n’aurait pas été possible de prédire les conséquences pour le site des intempéries annoncées dans le pays. « Pareils orages se transforment de kilomètre en kilomètre. Il est très difficile d’affiner les prévisions », explique Frank Deboosere, le Monsieur Météo de la radio-télévision publique flamande.

Pareils orages ne peuvent-ils vraiment être prédits à l’avance ? Leurs possibles conséquences ne peuvent-elles être mieux évaluées ? Les organisateurs ont-ils suffisamment tenu compte des conséquences possibles des intempéries ? Voici quelques-unes des questions qui étaient posées ce vendredi par de nombreux observateurs.

« Nous savions que des orages faisaient leur avancée au-dessus de la Belgique, et l’Institut Royal de Météorologie leur avait donné un code orange », expliquait ce vendredi matin dans l’émission « De Ochtend » l’un des spécialistes météo de la VRT, Frank Deboosere (photo). « Nous en déduisons alors qu’il faut s’attendre à de gros orages, qui peuvent être accompagnés de tempête, de grêle et de vents violents, et qui peuvent causé des inondations et des dégâts aux arbres et à des bâtiments. Mais la question est bien plus : peut-on encore affiner ces prévisions ? »

Selon Deboosere, il est très difficile de prévoir la météo pour un endroit bien précis, en l’occurrence cette fois les prairies du festival Pukkelpop, à Kiewit. « Si l’on analyse les observations météo, on voit à certains endroits énormément de précipitations, alors qu’en d’autres endroits juste à côté il y a eu nettement moins de pluie. La situation est différente de kilomètre en kilomètre, des conditions comme à Kiewit ne peuvent être prévues à l’avance ».

Un radar de tempêtes ne pourrait-il aider à affiner les prévisions ? « Pareil radar donne une indication, mais n’indique pas toujours la bonne intensité. Nous ne pouvons que mettre la population en garde. Les orages étaient annoncés, et l’on sait qu’en été ils peuvent être très violents. On a déjà connu pareilles intempéries dans le passé, mais je crains qu’on ne puisse réellement prévoir leur ampleur », concluait Frank Deboosere.