Des demandeurs d’asile laissés sans abris

Selon l’association flamande d’aide aux réfugiés « Vluchtelingenwerk Vlaanderen », depuis le début de cette année plus de 1.300 personnes n’auraient reçu ni accueil ni accompagnement à leur arrivée en Belgique. Depuis le début de la semaine, quelque 130 demandeurs d’asile seraient à la rue.

« Vendredi, onze demandeurs d’asile ont abouti à la rue sans accueil ni accompagnement, jeudi il y en avait eu 51 et mardi 68. Nombre d’entre eux sont des parents avec de jeunes enfants », indique l’association flamande d’aide aux réfugiés Vluchtelingenwerk Vlaanderen. Selon cette dernière, depuis le début de 2011 quelque 1.311 demandeurs d’asile n’auraient reçu ni accueil ni accompagnement à leur arrivée en Belgique, et si l’on remonte à octobre 2009 il y aurait un total de 9.028 personnes dans ce même cas.

« C’est inadmissible », estime la directrice de l’association Els Keytsman (photo), parlant d’infraction à la loi et d’atteinte aux droits de l’Homme. « Les demandeurs d’asile ont, de par la loi et en tant qu’êtres humains, le droit à un accueil et un accompagnement. A la place de cela, ils doivent maintenant survivre dans la rue, dans un pays étranger, par tous les temps et dormir à la belle étoile ».

Vluchtelingenwerk Vlaanderen souligne que l’accueil et l’accompagnement sont indispensables pour permettre l’introduction d’une demande d’asile. La procédure est en effet très complexe et nécessite une bonne préparation et une aide aux candidats. « Les demandeurs d’asile reçoivent un document sur lequel il est inscrit « non-attribution » d’une place d’accueil. En théorie, ils peuvent alors s’adresser à un Centre public d’aide sociale. Encore faut-il qu’ils sachent ce qu’est un CPAS et comment tout cela fonctionne dans notre pays », précise Keytsman.

L’association flamande d’aide aux réfugiés plaide en faveur de la création rapide de places d’accueil supplémentaires pour les demandeurs d’asile, et de préférence en concertation avec les autorités communales.

Pour rappel, les centres d’accueil pour demandeurs d’asile sont confrontés depuis quelques temps à un manque criant de place. En juillet déjà, des demandeurs d’asile s’étaient ainsi retrouvés dans la rue parce qu’il n’y avait plus de place pour eux.

Selon Fedasil, l’agence en charge de l’accueil des demandeurs d’asile, le flux des demandeurs d’asile qui entre sur le territoire belge est plus important que celui qui quitte le pays. Un nombre croissant d’étrangers demandent l’asile, alors que l’objectif de traiter 1.500 dossiers de demandes par mois n’est pas atteint.