Les Belges actifs en Libye ces trois derniers jours

Le ministre sortant de la Défense Pieter De Crem (CD&V) a confirmé la participation des F16 belges à la grande offensive des rebelles libyens à Tripoli. « Cela se déroule aussi dans le cadre de la mission de l’OTAN », explique-t-il. Pour ce qui est du rôle de l’OTAN et de nos soldats après la chute du régime de Kadhafi, il est encore trop tôt pour se prononcer.

Le but de la mission de l'Otan est atteint, a affirmé lundi matin le ministre démissionnaire de la Défense, Pieter De Crem, alors que la chute du régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi semblait imminente.

Lorsque la Belgique a décidé de participer avec des avions de combat aux opérations militaires destinées à protéger la population libyenne, sous mandat de l'ONU, "nous ne savions pas quand la mission s'achèverait". "Mais cela (la fin) semble proche", a-t-il affirmé lors de l'émission De Ochtend sur Radio1, tout en reconnaissant que la situation sur le terrain était lundi matin tout sauf claire.

« Les attaques que nous avons menées ces dernières 72 heures, ont rendu possible l’étranglement du régime Kadhafi », a déclaré le ministre De Crem. « Ces dernières 72 heures, seize vols ont été réalisés et chacun d’entre eux a duré trois heures. La mission opérée dans le cadre de l’opération de l’OTAN était de détruire les lignes de communications et de commandos de Kadhafi et de les bombarder afin d’isoler les troupes gouvernementales ».

Une fois que la chute du régime de Kadhafi sera officialisée, se posera alors la question de la suite à donner aux événements. Le sort de Kadhafi semble être clair. « Le départ de Kadhafi est inscrit dans la résolution des Nations unies sur la Libye, donc une fois qu’il sera fait prisonnier, il paraîtra devant la Cour pénale internationale. Ce qui veut dire que la communauté internationale, et principalement l’ONU, devra jouer un rôle », selon De Crem. Nombre d’analystes pensent que Kadhafi luttera jusqu’à la mort.

Rester en Libye?

Quant à ce qui se passera avec le pays et le rôle que doivent assurer les troupes de l’OTAN, la situation est nettement moins claire.

Si l'ère Kadhafi prend fin, l'Otan - qui commande l'opération "Unified Protector" depuis le 31 mars - doit rapidement décider de la suite de son implication en Libye, a ajouté Pieter De Crem (CD&V).

En ce qui concerne la mission de l'Otan, le ministre a suggéré d'attendre que des "nouvelles définitives" proviennent de Tripoli.

Selon lui, la communauté internationale doit désormais prendre "toutes les mesures" pour "stabiliser" le pays. Il n'a pas exclu la poursuite d'une implication belge et s'est dit prêt à coopérer avec le parlement pour "un nouveau cadre" pour la Libye.

« Je pense que nous devons prendre toutes les mesures pour stabiliser la situation. Nous devons créer les conditions pour pouvoir opérer dans une ère post-Kadhafi. Il s’agit d’un pays atypique avec un régime atypique qui a travaillé pendant plus de 40 ans de manière autoritaire et antidémocratique. La question est de savoir si les partenaires avec qui nous pouvons parler maintenant sont les partenaires légitimes. Le Conseil de transition national a déjà été reconnu, mais il reste encore beaucoup de travail », conclut De Crem.