"Les caisses de l’Etat fédéral sont vides"

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire flamand Knack, le ministre du Budget démissionnaire, Guy Vanhengel (Open VLD), estime que l’élaboration du budget 2012 sera extrêmement difficile et que la loi de financement actuelle n’est plus tenable. Selon lui, les déficits de la sécurité sociale et l’augmentation des dotations aux Régions et Communautés ont vidé les caisses de l’Etat.

A l’heure actuelle, il n’est pas encore clair qui devra se charger de l’élaboration définitive du budget pour l’an prochain. Le gouvernement en affaires courantes dirigé par Yves Leterme, ou les partis qui négocient actuellement en vue d’une réforme de l’Etat et de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral ?

La semaine dernière, le formateur Elio Di Rupo (PS) et le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (CD&V) sont parvenus à un accord à ce sujet (photo). Si d’ici le 10 septembre les partis négociateurs ne sont pas arrivés à trouver une solution pour l’épineux dossier de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), il reviendra à Leterme et son équipe de s’atteler au budget 2012. Si un accord est intervenu sur BHV, ce seront les négociateurs qui confectionneront le prochain exercice budgétaire.

Quelle que soit l’équipe qui devra traiter le dossier budgétaire, elle se trouvera de toute façon devant une tâche très ardue, car d’importantes économies s’imposent. Le ministre du Budget démissionnaire, Guy Vanhengel (Open VLD), va même plus loin dans une interview accordée à l’hebdomadaire Knack. Selon lui, les caisses de l’Etat fédéral sont vides. Dès l’an prochain, il ne restera presque plus d’argent.

« Pendant la période 2008-2009, nous avons connu une croissance économique négative, ce qui a fait baisser les revenus. Mais les autorités fédérales ont en même temps dû verser des montants importants aux Régions et aux Communautés, ainsi qu’à la sécurité sociale. Depuis lors, on savait déjà que les possibilités financières seraient très limitées à partir de cette année. Le Conseil supérieur des Finances a mis en garde à plusieurs reprises à ce sujet », déclarait Vanhengel (ministre du Budget depuis 2009) ce mercredi dans l’émission matinale de la VRT, « De Ochtend ».

"Régions et Communautés doivent aussi payer"

« Nous avons beaucoup travaillé, en comparaison avec d’autres pays », poursuivait Guy Vanhengel. « Cette année, nous tentons de réduire notre déficit budgétaire jusqu’à 3,6% du produit intérieur brut, et pour l’an prochain nous visons les 2,8% du PIB. C’est un but très ambitieux. Je pense que le gouvernement démissionnaire a fait de son mieux - dans les limites de ses possibilités - pour obtenir des résultats meilleurs que ceux que l’on attendait de lui. Mais maintenant nous sommes arrivés au moment de vérité ».

Vanhengel donne à ses collègues en politique un signal très clair. « Actuellement, il y a un consensus à propos d’un déficit de 2,8% à atteindre l’an prochain. Mais il faut bien comprendre qu’il s’agira là d’un exercice très difficile, qui demandera de grands efforts. Il faudrait entamer au plus vite la discussion à ce sujet ».

Le ministre démissionnaire insiste aussi sur le fait que les entités fédérées doivent contribuer financièrement au niveau fédéral. Or la Flandre a déjà laissé entendre à plusieurs reprises qu’elle ne veut pas contribuer davantage à la solidarité fédérale. « Je ne dis pas cela pour tourmenter la Flandre. Le Conseil supérieur des Finances affirme déjà depuis 5 ans que les flux financiers doivent être équilibrés en Belgique, afin que ce soit réalisable pour toutes les entités ».