Nombre d’élèves allophones en périphérie

Quelque 40% des enfants inscrits dans une école primaire catholique flamande en périphérie bruxelloise n’ont pas le néerlandais comme langue maternelle. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’Association flamande de l’enseignement primaire catholique (VVKBaO), qui affirme que l’évolution met les écoles néerlandophones sous pression.

Le nombre d’écoliers inscrits dans des écoles néerlandophones des communes flamandes de la périphérie bruxelloise et qui ne parlent pas le néerlandais à la maison augmente sans cesse. Cette situation est également constatée dans certaines communes qui ne sont pas en périphérie bruxelloise, comme la commune brabançonne flamande de Ternat. En six ans, le nombre d’écoliers non-néerlandophones y a même doublé. Quelque 20% des écoliers inscrits ne parlent pas le néerlandais en famille.

L’Association flamande de l’enseignement primaire catholique, qui a rassemblé des chiffres récents à ce sujet, affirme qu’une majorité de ces écoliers non-néerlandophones sont francophones. « Les chiffres ne montrent pas d’où sont originaires ces enfants. Est-ce que les élèves de Bruxelles et de Wallonie viennent dans les écoles flamandes de la périphérie ? Ou les communes de la périphérie flamande se francisent-elles ? », s’interroge l’Association.

Elle souligne néanmoins que cette évolution rend difficile la situation des écoles néerlandophones. "Le problème commence déjà à l’inscription des élèves », explique Chris de Hovre, directeur de la communauté des écoles de Dilbeek-Ternat. « Où cet élève doit-il aller ? Il vient, par exemple, d’une école bruxelloise où il a suivi l’enseignement francophone jusqu’en troisième année primaire, et il souhaite entrer en quatrième primaire dans une école flamande. Mais ce n’est pas possible, parce qu’il ne possède pas le bagage nécessaire pour entamer la 4e primaire ».

Selon l’Association flamande de l’enseignement primaire catholique, certains parents d’élèves qui parlent le français à la maison estimeraient d’autre part que la direction et les enseignements doivent s’adresser à eux en français lors de réunions de parents. Ce qui crée parfois des frictions.

Inscription prioritaire aussi en périphérie ?

Face à l’évolution de la situation, l’Association voudrait étendre le droit d’inscription prioritaire pour les enfants néerlandophones - qui existe déjà dans les écoles flamandes de la Région bruxelloise - aux communes flamandes de la périphérie bruxelloise.

La VVKBaO veut aussi que soient revus les critères d’inscription, afin d’y donner davantage de priorité à la distance entre le domicile de l’élève et l’école où il est inscrit. Les familles résidant plus proche d’une école y auraient ainsi une plus grande priorité. L’Association demande aussi que l’encadrement des écoles soit prévu sur base de chiffres récents.

« Toutes ces mesures ne doivent pas aboutir à la disparition des élèves francophones. Cela ne peut pas non plus être leur objectif. Les écoles doivent apprendre à vivre avec une population d’élèves diverse. Cela nécessite dans certains cas un changement de mentalité », souligne l’Association flamande de l’enseignement primaire catholique, qui insiste sur le droit de chaque enfant à un enseignement de qualité, indépendamment des querelles linguistiques en Belgique.