Les chômeurs priés de ramasser les fruits abîmés

L'échevin de l'Economie et le président du CPAS de Saint-Trond, tous deux Open Vld, ont proposé samedi aux chômeurs de récolter les fruits abîmés par les intempéries de la semaine dernière dans les vergers de Hesbaye et du Hageland, afin d'éviter une acidification des sols néfaste pour les prochaines récoltes.

"Ces personnes ont le temps de le faire", a estimé le président du CPAS de Saint-Trond, Pascal Monette, parlant des chômeurs et bénéficiaires du revenu d'intégration sociale.

"Elles ont ainsi la possibilité d'apporter une contribution importante pour sauver les entreprises horticoles", confrontées à la perte d'une grande partie de la récolte et menacées de voir les sols s'acidifier en raison des fruits pourris.

"Les récoltes des prochaines années sont en jeu", assure Pascal Vossius, échevin trudonnaire de l'Economie.

Travail forcé

Mais demander aux chômeurs de nettoyer les cultures fruitières endommagées par les intempéries serait contraire au droit international, a confié au ‘Nieuwsblad op zondag’, le professeur Roger Blanpain, spécialiste du droit du travail.

"C'est un cliché qui refait souvent surface après une telle catastrophe. Mais cela ne va tout simplement pas. La Belgique a signé toute une série de conventions internationales qui interdisent le travail forcé. Ce genre de travail n'est plus en vigueur que dans des pays comme la Birmanie", souligne le spécialiste.

Le professeur Blanpain précise que ce qui est possible, c'est de faire de ce nettoyage des vergers et des cultures fruitières un vrai travail rémunéré. Si les chômeurs devaient refuser ce travail, il serait possible dans certaines circonstances de suspendre leurs allocations. Mais les obliger à faire un tel travail est tout simplement interdit.