Fraude fiscale dans le secteur du diamant

La justice anversoise et l’Inspection spéciale des impôts (ISI) enquêtent depuis l’an dernier sur ce qui semble être l’un des plus grands scandales fiscaux connus à ce jour en Belgique. Des dizaines de Belges, dont notamment 170 diamantaires anversois, auraient dissimulé plus d’un milliard de dollars - l’équivalent de 700 millions d’euros - dans une filiale de la banque britannique HSBC à Genève, en Suisse. L’information est rapportée par le quotidien financier flamand De Tijd.

L’information provient d’une liste de données bancaires de clients de la banque britannique HSBC en Suisse, qui ont été volées par un ancien informaticien en 2006 et 2007. La justice française a confisqué cette liste il y a deux ans et entamé une enquête. Le fisc belge a obtenu en juillet 2010 les données bancaires de 800 contribuables belges et l’Inspection spéciale des impôts s’est alors penchée sur les 500 comptes les plus importants.

Le quotidien De Tijd annonce avoir pu consulter la liste des fraudeurs. Selon le journal financier flamand, des dizaines de Belges, principalement issus du milieu de l’industrie diamantaire anversoise, auraient dissimulé quelque 700 millions d’euros sur des comptes en banque suisses.

L’argent appartiendrait essentiellement à 170 diamantaires établis dans un même quartier anversois. Selon des sources proches de la justice, il s’agirait de fraudeurs endurcis qui mettent de l’argent noir de côté, bien que le secteur diamantaire bénéficie de tarifs fiscaux avantageux. L’Inspection spéciale des impôts enquêterait notamment sur de gros acteurs de l’industrie diamantaire anversoise, dont trois dirigeants actuels de l’Antwerp Diamond Bourse et le président de la plus grande bourse mondiale de diamants bruts (Antwerpsche Diamantkring). L’ex-Conseil supérieur du diamant et son successeur, l’Antwerp World Diamond Center, seraient aussi inquiétés.

« Ceci nuit à la crédibilité de tout le secteur du diamant », explique Lars Bové, le journaliste qui a mené enquête pour De Tijd. « Si nous additionnons tout, une personne sur quatre active dans ce secteur est impliquée, et parmi elles aussi des hauts dirigeants. Ceci donne une image très négative du secteur diamantaire ».