Leterme quitte la Belgique pour l’OCDE

Le Premier ministre en affaires courantes est sur le départ. Il a annoncé hier qu'il quitte la politique belge pour l'OCDE où il exercera les fonctions de secrétaire général adjoint. La date de son entrée en fonction dépendra de ses responsabilités actuelles à la tête du gouvernement belge.

Le Premier ministre Yves Leterme a annoncé mardi soir que le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria le propose comme secrétaire général adjoint de l'organisation.

Yves Leterme a fait savoir que la date à laquelle il prendra, le cas échéant, ses fonctions sera déterminée en tenant compte de ses responsabilités actuelles en tant que Premier ministre du gouvernement en affaires courantes.

Sa désignation sera à l'ordre du jour du Conseil de l'OCDE qui se réunit vendredi. Il s'agit d'une instance réunissant les ambassadeurs des pays membres de l'organisation.

Yves Leterme sera donc un des secrétaires généraux de l'organisation. Sa désignation à ce poste est une valorisation de la politique socio-économique qu'il a menée à la tête du gouvernement fédéral, précise-t-on à son cabinet. Les secrétaires généraux adjoints sont nommés pour un mandat de deux ans renouvelable.

Il ne quitte pas la politique pour toujours

En devenant secrétaire général adjoint de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Premier ministre Yves Leterme quitte la scène politique belge. Il mettra en tout cas sa carrière politique entre parenthèses. Cela ne signifie toutefois pas, disait-on à son cabinet, qu'il quitte la politique pour toujours.

Dans sa nouvelle fonction, il supervisera au sein de l'organisation le portefeuille des affaires sociales et de la gouvernance qui recouvre la stratégie relative aux compétences, l'éducation, le travail et l'emploi, la santé, les petites et moyennes entreprises et le développement territorial.

Si sa nomination devient effective vendredi, une chose en tout cas est certaine: Yves Leterme ne sera pas membre du prochain gouvernement.

Pas de surprise

Le bruit circulait depuis quelques temps dans les milieux politiques qu'il cherchait à s'échapper de la politique belge.

En juin 2010, son parti a en effet connu une sévère défaite électorale. Il est malgré tout toujours Premier ministre à la tête d'un gouvernement d'affaires courantes qui gère le pays en attendant que les négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement qui s'éternisent aboutissent enfin.

Mardi soir, la nouvelle de sa probable désignation à l'OCDE n'a pas été une vraie surprise, mais on ne s'attendait pas pour autant à un départ aussi rapide. La date exacte de son départ n'est pas encore précisément connue. Avant de quitter Bruxelles pour Paris, il devra sans doute encore mener à bien la confection du budget 2012.

L'hémorragie se poursuit au CD&V

L'annonce du départ du Premier ministre intervient après celle, il y a quelques semaines, du retrait prochain de la ministre Inge Vervotte (elle présidera l'association Emmaüs) et du repli, pressenti, de Steven Vanackere comme gouverneur de la province de Flandre occidentale, soit autant de poids lourds de l'ACW, l'aile progressiste du CD&V. Interrogés mercredi, Inge Vervotte et le chef de groupe CD&V à la Chambre Servais Verherstraeten ont dit ne pas craindre pour l'équilibre interne du parti, estimant que cette question préoccupait plus à l'extérieur de la formation. Le responsable de l'ACW Patrick Develter est du même avis. Il espère cependant que le CD&V attirera à lui quelques "nouveaux talents" provenant de l'ACW. "Si le CD&V veut mettre en place un projet démocrate-chrétien, il devra bien tenir compte de nous et venir identifier quelles sont nos personnalités qui disposent d'un engagement social et politique", a dit Patrick Develtere.