"Enfin ! et maintenant les autres dossiers"

"Une étape. Historique. Un miracle". Les quotidiens flamands se réjouissent de l’accord conclu entre les 8 partis sur une scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Tout en soulignant que le chemin des discussions est encore long avant de parvenir à former un nouveau gouvernement. Les quotidiens francophones louent les mérites du formateur Elio Di Rupo, "qui a désamorcé la bombe BHV".

De Morgen estime que l’accord conclu est honorable. Pas de modification de la frontière linguistique, Bruxelles n’est pas élargie, la Communauté française ne reçoit pas de compétences dans la périphérie flamande bruxelloise et il n’y aura pas de Sénat paritaire. Un accord que l’on peut qualifier d’historique.

Pour Het Nieuwsblad, il s’agit d’un premier accord qui brise l’impasse communautaire. On peut maintenant espérer que les décisions suivantes seront prises plus facilement, et qu’elles créeront la confiance. Au 459 jour après les législatives de juin 2010 on peut donc s’écrier : « Enfin. Et maintenant passons aux autres dossiers ».

De Standaard trouve que le revirement de l’impasse dans les négociations à un accord inattendu est subit. Mais il s’explique sur fond de la crise européenne de l’euro, de la démission du plus haut magistrat de la Belgique et du départ, d’ici la fin de l’année, du Premier ministre démissionnaire Yves Leterme de la politique nationale. Et puis le Roi Albert II interrompait ses vacances pour revenir en catastrophe au pays, en raison de la situation politique. Selon le quotidien, l’avenir montrera s’il s’agissait d’une succession de hasards, d’une minutieuse orchestration, voire même d’une manipulation.

Het Laatste Nieuws qualifie Elio Di Rupo d’illusionniste. Alors que tout semblait aller mal, il a fait appel à sa carte magique, le Roi. Et cette stratégie a porté ses fruits. BHV a ainsi pu être scindé, sans trop de peines. Le président de la N-VA, Bart De Wever, avait parié sur l’absence d’un accord. Il a perdu un premier point. Reste à voir comment les négociations vont évoluer.

Le quotidien financier De Tijd estime pour sa part que le Premier ministre Yves Leterme peut encore donner un coup de pouce important à la Belgique avant son départ pour le secrétariat général adjoint de l’OCDE : économiser 7 milliards d’euros. Son nouvel employeur, l’Organisation de coopération et de développement économiques, conseille de trouver 70% de ce montant en réalisant des économies et 30% dans des nouvelles sources de revenu. Mais la note Di Rupo propose juste le contraire. En Flandre, une majorité souhaite suivre les conseils de l’OCDE, tandis qu’en Belgique francophone on opte davantage pour 30% d’économies et 70% de nouveaux revenus. Voilà le véritable schisme entre le nord et le sud du pays, estime De Tijd.

"Di Rupo désamorce la bombe BHV"

Les quotidiens francophones se réjouissent aussi du premier accord communautaire, et louent les mérites du formateur Di Rupo. Tout en soulignant qu’il reste beaucoup de travail pour atteindre un accord complet.

L’Echo attribue la percée dans les négociations au « coup de gueule » et à l’appel dramatique lancés par Di Rupo mardi soir. C’est aussi l’avis des journaux du groupe L’Avenir, qui parlent d’un « électrochoc ».

Le Soir relativise, qualifiant l’accord de « sursis » et d’éclair « dans la grisaille », rappelant qu’en Belgique, « tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien ». Une formulation reprise dans La Libre Belgique, qui estime que rien n’est encore joué, au vu des dossiers comme la loi de financement et les transferts de compétences qui attendaient les négociateurs pas plus tard que ce jeudi.