L'amertume des Flamands de Bruxelles

La scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde empêchera les Bruxellois flamands d’élire directement leurs représentants à la Chambre. C’est une conséquence logique, mais les politiciens flamands expriment quand même leurs objections.

Jusqu’à présent, les Bruxellois flamands de la Chambre décrochaient la majorité de leurs voix non pas à Bruxelles, mais bien à Hal-Vilvorde. Mais avec l’accord sur BHV, l’arrondissement est maintenant scindé, les voix émanant de Hal-Vilvorde ne seront donc plus comptabilisées avec les voix néerlandophones à Bruxelles. Les partis flamands exigent depuis des années la scission de l’arrondissement, mais les Bruxellois flamands ne disposeront plus à l’avenir de siège à la Chambre.

C’est une conséquence logique. « Certains super-Flamands commencent seulement à réaliser maintenant que la scission de BHV signifie moins d’élus flamands », a commenté l’Open VLD Bart Tommelein sur son compte Twitter.

60.000 habitants non représentés au Parlement

Ce qui n’empêche pas les politiques flamands de Bruxelles de regretter amèrement la disparition de leur siège à la Chambre. Le vice-Premier démissionnaire Steven Vanackere (CD&V) se pose des questions. « Les partis flamands à Bruxelles attirent 60.000 voix. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de villes de 60.000 habitants en Flandre qui n’ont absolument aucun représentant au Parlement », a-t-il déclaré lors de l’émission ‘De Ochtend’. Vanackere a toutefois ajouté qu’il est prêt à payer ce prix pour la scission de l’arrondissement.

Le sénateur Bert Anciaux (SP.A) pose lui aussi la question de la scission de l’arrondissement. Selon lui, le lien entre la Flandre et Bruxelles est maintenant mis en jeu. « Si ce lien est coupé, Bruxelles deviendra en peu de temps une ville monoculturelle francophone, où il n’y aura plus de droits pour les Flamands ». Anciaux demande aux négociateurs flamands de ne plus faire de concessions supplémentaires sur Bruxelles.

Le vice-Premier démissionnaire Guy Vanhengel (Open VLD) se résigne quant à lui aux conséquences de cette scission. « Nous ne devons pas faire comme si nous le découvrions seulement maintenant. Tout le monde le sait depuis le début », a déclaré Vanhengel au quotidien ‘De Morgen’. L’accord sur BHV prévoit la cooptation d’un sénateur bruxellois flamand. « Il doit faire entendre sa voix au Sénat », conclut Vanhengel.

Autres alternatives : des candidats flamands qui se présenteraient sur des listes bilingues ou sur une liste flamande commune à Bruxelles. Mais cette dernière solution, Guy Vanhengel ne l’imagine pas à court terme. « Supposez que quelqu’un est élu, au nom de quel parti va-t-il siéger au Parlement ? ».