Maingain menace de quitter le MR

Le président du FDF Olivier Maingain a menacé hier de mettre fin à sa collaboration avec le MR, «si le MR n’exige plus l’élargissement de Bruxelles». Il estime que l’accord intervenu sur la scission de BHV est « un accord de menteurs », visant ainsi les quatre présidents de parti francophones assis autour de la table des négociations.

Le président du FDF Olivier Maingain a averti hier soir, sur le plateau de télévision du journal de RTL-TVi, que si le MR ne se ressaisissait pas et ne revenait pas à ses engagements fondamentaux sur l'élargissement de Bruxelles en contrepartie de la scission de BHV, ce sera la fin du parcours commun des deux partis.

Olivier Maingain a rappelé l'"engagement solennel" pris en juin 2010 par le MR selon lequel l'élargissement constitue une contrepartie juridiquement certaine à la scission. Pour lui, ce sont en premier lieu les électeurs qui sont floués par les 4 partis francophones à la suite de cet accord.

Il est faux, toujours selon lui, de dire qu'il garantit les droits judiciaires des francophones de la périphérie. Contrairement à ce qu'il disait lors du rapprochement entre les deux partis, le MR se range aujourd'hui dans les rangs de la famille des dépendants du PS, estime-t-il.

La rupture entre le FDF et le MR semble se dessiner.

Dispute ne signifie pas rupture

Charles Michel, le président du MR, n’a pas souhaité réagir dans la presse flamande à la suite de l’ultimatum lancé par le FDF. Il a toutefois donné une interview à la RTBF. Il y a estimé que la dispute avec son partenaire de cartel ne signifie pas pour autant la rupture, «car il y a seulement un accord sur BHV s’il y a un accord sur toutes les questions communautaires». Les négociations ne sont pas finies.

D’autres sujets se trouvent encore sur la table, comme l’autonomie fiscale, la loi de financement, le budget pour 2012… «Si les Flamands mettent l’Etat fédéral en danger par des exigences excessives sur la concertation sur la loi de financement ou le transfert de compétences, tous les dossiers devront être rouverts», a-t-il déclaré.

«J’ai pris acte du comportement politique du FDF. Je veux seulement dire à ce sujet que si le moment est là, je suis prêt pour voir au sein des instances du MR quelles sont les conséquences politiques du refus du FDF», a encore ajouté le président de parti.

Charles Michel a confirmé son soutien à l’accord négocié sur BHV. «Nous devons dire la vérité : l’accord est le fruit d’un équilibre. Les francophones n’ont pas obtenu tout ce qu’ils demandaient, les Flamands encore moins».

"Nous prendrons nos responsabilités"

«Le président Maingain a lancé un appel au président Michel, et nous attendons maintenant une réponse de Michel. Il est trop tôt pour dire ce qui va se passer», a déclaré Damien Thiéry, le bourgmestre non nommé (FDF) de Linkebeek lors de l’émission ‘De Ochtend’ sur Radio 1. «Si l’accord est vraiment avalisé, nous allons connaître des temps difficiles au sein du parti».

«La fin de la collaboration entre le FDF et la MR serait dommage, mais de l’autre côté, nous avons toujours tenu la même ligne dans les négociations, et nous n’avons pas obtenu ce que nous avons demandé. Il est logique que nous prenions nos responsabilités, et c’est peut-être ce qui va se passer», a ajouté Damien Thiéry.