Une vision commune pour sauver Dexia

Les grands actionnaires belges de la banque se sont réunis mercredi soir et se sont entendus pour travailler à une solution commune pour éviter une nationalisation ou une vente de Dexia. Il estiment que l’éventail complet des activités de la banque en Belgique doit être stabilisé et sécurisé.

Le gouvernement fédéral et les Régions entendent défendre une vision commune pour sauver Dexia. C’est ce qui est ressorti de la réunion de mercredi soir entre le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (CD&V), le ministre des Finances démissionnaire, Didier Reynders (MR, photo ci-dessous), et les trois ministres-présidents régionaux (photo principale), Kris Peeters (Flandre), Rudy Demotte (Wallonie) et Charles Picqué (Bruxelles). Les actionnaires de Dexia, le Holding Communal, Arco et Ethias, avaient été consultés au cours de la journée déjà.

A l’issue de leur réunion, le Premier ministre a indiqué, dans l’émission « Terzake » de la VRT, qu’une absence d’intervention des grands actionnaires n’était pas une option envisageable. « Il n’y a pas d’autre solution. Dexia est une banque nécessaire pour l’économie ». Selon Yves Leterme, cette aide bénéficiera à long terme à l’Etat. « Tous les efforts qui ont été réalisés dans le passé pour sauver des banques, ont rapporté de l’argent ».

Le Premier ministre a une nouvelle fois souligné que tous les clients de Dexia - tant les administrations publiques que les épargnants privés - ne doivent pas se faire de soucis quant à l’avenir de Dexia Banque. Ils pourront continuer à faire appel aux services de la banque, que ce soit pour des dépôts d’avoirs ou en empruntant des moyens. « Nous choisirons la solution qui veillera à la fois aux intérêts des épargnants et à celui des actionnaires », a précisé Rudy Demotte.

De son côté, le professeur louvaniste Paul De Grauwe plaide en faveur d’une nationalisation de Dexia Banque Belgique. « La vente pourrait être envisagée à plus longue échéance, mais il faudra alors attendre assez longtemps jusqu’à ce que la banque fasse des bénéfices et ne pas faire la même erreur qu’avec Fortis, qui a été vendue trop tôt », estime l’économiste.

Eviter la nationalisation ou la vente

Selon le quotidien financier flamand De Tijd, les grands actionnaires de Dexia mettraient cependant tout en œuvre pour éviter une nationalisation ou une vente de Dexia Banque Belgique. Ils envisageraient plutôt une autre solution qui revienne à une scission et une notation en Bourse de la branche belge.

Le quotidien francophone L’Echo indique que Dexia Banque Belgique ne serait pas rachetée par l’Etat fédéral mais ferait l’objet d’une « spin off » de Dexia, ce qui permettrait de détacher la banque du groupe tout en conservant le même actionnariat. Une action du groupe donnerait alors droit à une action de la banque et les deux sociétés seraient ensuite cotées mais de manière distincte.

Selon le ministre-président flamand, Kris Peeters, « il faut absolument tout faire pour renforcer la crédibilité de Dexia, afin que personne ne soit inquiet pour l’avenir de la banque ».

Toujours selon De Tijd, la banque Dexia a perdu plus d’un milliard d’euros d’économies de particuliers en septembre dernier. Il s’agit d’argent déposé sur des livrets d’épargne, des bons de caisse et des comptes à terme, notamment. Depuis le début du mois d’octobre, le mouvement de retrait se serait encore accéléré, précise le quotidien.

Mardi, au lendemain du conseil d’administration d’urgence de Dexia, les épargnants avaient retiré 300 millions d’euros via les agences bancaires et 100 millions d’euros via l’internet, avait indiqué Jos Clijsters, le président de Dexia Banque Belgique.