Dexia, 15 ans d’une "aventure franco-belge"

Le groupe de banque-assurance Dexia est né en 1996 suite à la fusion du Crédit Communal de Belgique et du Crédit Local de France. Le groupe avait pour ambition de devenir le principal créancier des entités locales.

Avec la scission du Groupe Dexia, la page est définitivement tournée et Dexia Banque Belgique redevient une institution publique tout comme l'était déjà le Crédit communal.

L’institution avait été créée en 1860 par les communes et les provinces belges afin de lever des capitaux pour assurer leur financement.

Au début des années ’90, le Crédit Communal débute son expansion internationale en prenant une participation dans le Crédit Communal de Luxembourg, la Banque internationale du Luxembourg (BIL).

Expansion internationale

En 1996, c’est le grand pas en avant et la fusion avec l’équivalent français du Crédit communal, le Crédit local de France. Les deux banques étaient spécialisées dans l’octroi de crédits aux collectivités locales. Leur mariage est l’une des premières fusions transfrontalières dans le secteur financier depuis l’introduction du marché unique européen. L’action Dexia fait alors son entrée à la Bourse de Bruxelles et de Paris.

Dexia poursuit sa croissance et s’implante en Italie (Crediop), en Espagne (Sabadell) et en Allemagne (DKB). En 2001, Dexia fusionne avec Artesia Banking Corporation, le bras financier du Mouvement ouvrier chrétien. Dexia acquiert aussi la banque Bacob et l’assureur DVV dans son portefeuille.

Dexia avait aussi acquis l’américain FSA mais avec l’effondrement du marché de l’immobilier aux Etats-Unis en 2007, cette filiale possédait beaucoup d’actifs toxiques basés sur des prêts hypothécaires aux Etats-Unis.

Sauvée de justesse en 2008

Tout comme Lehman Brothers et Fortis, Dexia était déjà dans une situation désespérée en septembre 2008. La valeur de l’action Dexia qui était de 20 euros en 2006 avait alors chuté pour ne plus valoir qu’un peu plus d’un euro.

Les gouvernements belge, français et luxembourgeois prennent  une participation de 6,4 milliards d’euros dans le capital de Dexia. Une partie est fournie par la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.
En échange le groupe devait revendre certaines de ses filiales comme FSA, ce qui a engrangé des liquidités. Le sauvetage de Dexia semblait une réussite.

La crise de trop

La crise de la dette grecque ainsi que dans d’autres pays de la zone euro, en 2011, mettait de nouveau le groupe bancaire belgo-français dans les difficultés.

Dexia possédait en effet 3,4 milliards de bons d’Etat grecs sur un total de 20 milliards de créances "douteuses". Parallèlement Dexia connaissait aussi un problème de financement. Alors qu’en Belgique le groupe se basait sur un réseau d’agences bancaires où les épargnant déposaient leur économies, ce n’était pas le cas en France. Le groupe Dexia était donc fortement dépendant d’autres institutions de crédits, ce qui n’était pas évident dans la méfiance actuelle.

Le cours de l’action  chutait de nouveau lorsque l’agence de notation Moddy avait menacé Dexia d’une rétrogradation. La cotation du titre Dexia avait été suspendue jeudi, alors que l'action avait dégringolé à 0,85 euro sur fonds de multiples rumeurs quant au démantèlement du groupe. Finalement Dexia Banque Belgique est redevenue une plus petite banque, elle est détenue par l’Etat et elle est à nouveau 100% belge.