Di Rupo: "Un accord de portée historique"

Le formateur Elio Di Rupo a indiqué mardi dans une courte allocution à la presse que la formation du gouvernement était "à portée de main" après l'accord "historique" conclu sur le plan institutionnel. M. Di Rupo a lancé un appel aux forces vives du pays afin que "tous ensemble", politiques, syndicats et patronat, travaillent au "bien commun" des citoyens et des générations futures.

"Les accords politiques sont indispensables mais ne suffisent pas", a lancé Elio Di Rupo. "Nous devons tous travailler au bien commun. Associations, entreprises, patrons, syndicats, créateurs, c'est ensemble que nous assurerons un futur meilleur des femmes et des hommes de notre pays et en particulier de notre jeunesse", a poursuivi le formateur, alors que certains observateurs annoncent un automne chaud face aux mesures de rigueur qui ne manqueront pas de tomber.
 

Elio Di Rupo a présenté mardi les grandes lignes de l'accord institutionnel conclu par les huit formations participant à la négociation sur une réforme de l'État, l'une des plus importantes que le pays a connues, selon lui.
"Le centre de gravité va se déplacer de l'État fédéral vers les Régions et les Communautés", a-t-il assuré.
Flanqué des huit négociateurs, Charles Michel (MR), Joëlle Milquet (cdH), Jean-Michel Javaux (Ecolo), Laurette Onkelinx (PS), Wouter Beke (CD&V), Caroline Gennez (sp.a), Alexander De Croo (Open Vld) et Wouter Van Besien (Groen! ), le formateur a souligné que l'accord allait faire évoluer le pays et le "stabiliser".
Les Régions et Communautés, "plus autonomes et plus responsables", vont pouvoir mener des politiques plus "efficaces" tandis que l'État fédéral, "plus compact", disposera d'une marge de manoeuvre lui permettant d'assumer ses obligations financières, et notamment la gestion de la dette.
L'accord institutionnel est "mémorable" et d'une "portée sans doute historique", n'a pas hésité à commenter le formateur, faisant observer que le texte répondait au souhait de la Flandre de changement profond et aux demandes de la Wallonie et de Bruxelles d'une plus grande stabilité. "La Belgique de demain sera très différente", a-t-il prédit.
Il reste encore du pain sur la planche, a cependant averti le formateur, rappelant l'effort d'assainissement à réaliser. A cet égard, le formateur a estimé que "les mesures très difficiles" qu'il conviendra de prendre devront être "équitables socialement", bénéficier à l'emploi et aider les citoyens à surmonter leurs difficultés.
Avant de se lancer dans l'exercice budgétaire, Elio Di Rupo devra s'attaquer à la formation de la coalition appelée à gérer l'État fédéral, quelque 500 jours après les élections législatives du 13 juin 2010. "Je poursuivrai demain (mercredi) voire après-demain les consultations des présidents de parti", a indiqué le formateur.
 

Le texte de l'accord institutionnel de 75 pages