581 emplois sacrifiés à ArcelorMittal Liège

Reporté ce jeudi, le conseil d’entreprise extraordinaire d’ArcelorMittal a finalement eu lieu ce vendredi matin à Flémalle, dans le calme. Selon les syndicats, la direction y a confirmé la fermeture de la phase à chaud dans le bassin liégeois et a annoncé son intention de licencier 220 employés et cadres et 361 ouvriers. Les syndicats prévoient des actions de protestation.

Le conseil d’entreprise extraordinaire qui fait suite à l’annonce, mercredi soir, de la fermeture de la phase liquide à Liège, avec les deux hauts-fourneaux, était à l’origine prévue pour jeudi matin. La direction redoutait néanmoins des débordements et avait annulé la réunion. Celle-ci a finalement eu lieu ce vendredi, entre 10h00 et 11h30, au Centre acier à Flémalle.

A l’issue du conseil d’entreprise, les représentants des travailleurs devaient être informés du nombre exact d’emplois (par catégorie et par métier) qui seront sacrifiés à cause de la fermeture de la phase du chaud d’ArcelorMittal à Liège.

Les syndicats ont effectivement indiqué à l'agence de presse Belga que la direction d'ArcelorMittal a confirmé son intention de fermer la phase liquide à Liège et de supprimer 581 emplois. Il s'agirait de 220 employés et cadres et de 361 ouvriers. La mesure touche 500 personnes sous contrat à durée indéterminée et 81 personnes sous contrat à durée limitée.

Dans un communiqué, le CEO d'ArcelorMIttal Liège, Joao Felix da Silva, a indiqué en début d'après-midi que la direction voulait éviter les licenciements secs. "Notre volonté est de minimiser les conséquences sociales des mesures envisagées. Nous sommes convaincus qu'on peut éviter les liceciements secs dans le cadre d'un dialogue social constructif".

Une centaine de travailleurs, dont beaucoup de syndicalistes, s’étaient rassemblés calmement ce vendredi matin devant le bâtiment où avait lieu le conseil d’entreprise extraordinaire. Malgré l’incertitude créée par l’annonce de la suppression de la phase liquide à Liège, les ouvriers des lignes à froid avaient repris normalement le travail ce vendredi matin.

Les syndicats envisagent déjà une mobilisation des travailleurs et des actions de protestations, après que le personnel aura été informé des conséquences sociales de la fermeture du chaud. De premières actions de sensibilisation ont déjà eu lieu ce vendredi matin, sur le marché de Seraing. Des tracts seront aussi distribués pendant le week-end sur les marchés de Grâce-Hollogne et sur la Batte, à Liège.

Le mot d'ordre syndical serait maintenant de ne pas arrêter le travail trop vite et de préparer les actions qui seront menées ultérieurement. Le front commun syndical se réunira lundi prochain, vers 16h, pour établir un plan d'actions.

Le syndicat européen du métal (qui représente 5,5 millions de travailleurs) se prononcera en outre le 24 octobre sur l'organisation d'éventuelles actions de protestation, a indiqué Rudi Van de Waele du syndicat chrétien sur le site gantois d'ArcelorMittal. "La solidarité doit être exprimée au niveau européen. Un signal européen fort doit être donné à Mittal". La réunion du 24 octobre était prévue de longue date.