"Une approche en chaîne contre la fraude sociale"

Le Centre pour l’Egalite des Chances et la Lutte contre le Racisme préconise une «approche en chaîne» dans la lutte contre l’exploitation économique. Toutes les personnes concernées, du client à l’entrepreneur, doivent être mises en cause, estime le centre dans son nouveau rapport annuel sur la traite des êtres humains.

Le quatorzième rapport annuel du Centre pour l’Egalite des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) sur la traite des êtres humains, présenté aujourd’hui, met cette fois l’accent sur la lutte contre la fraude sociale. Le centre plaide pour une «approche en chaîne».

Selon Le CECLR, toutes les personnes concernées de près ou de loin par la fraude sociale doivent être mises en cause, du client à l’entrepreneur. Le centre renvoie dans son rapport au dossier concret de Carestel. Une firme allemande avait mis au travail des Européens de l’Est dans les toilettes de restaurants routiers pour trois euros par jour. Carestel avait affirmé n’être au courant de rien, mais le CECLR accorde peu de crédibilité à ces dires.

Le centre réclame qu’une responsabilité civile soit établie plus largement. « Quand il apparaît que le client est également civilement responsable pour les abus qui se passent via un entrepreneur, le client peut donc également en porter la responsabilité », explique Jozef De Witte (photo), directeur du CECLR. Il s’agit d’une vieille proposition que De Witte voudrait bien voir appliquée.

Le rapport met également l’accent sur l’exploitation sexuelle. Celle-ci est plus pernicieuse qu’auparavant. Les nouvelles formes de prostitution rendues possibles grâce aux nouvelles technologies se déroulent davantage dans l’ombre que la prostitution de vitrine, estime DeWitte. Internet joue un rôle important, aussi bien pour attirer les victimes que pour appâter le client.

De Witte insiste sur le fait que la lutte contre la traite des êtres humains -«l’esclavage contemporain»- n’est pas encore gagnée. Il voit des éléments positifs, comme le fait que l’exploitation sexuelle est à nouveau une priorité dans la proposition du plan de sécurité de la police fédérale. «Il faut continuer à maintenir l’attention, car nous n’en sommes pas encore quittes».