La faillite semble provisoirement évitée

Il semble que la faillite du Holding communal a été provisoirement évitée. Le holding a obtenu un répit de certains de ses créanciers. D’ici samedi, il sera clair si une liquidation, un «atterrissage en douceur», est possible. Une conférence de presse doit se tenir ce soir.

Une liquidation accompagnée est le scénario que la Flandre, la Wallonie et Bruxelles préconisent pour le Holding communal. C’est pourquoi ils ont demandé à la Loterie Nationale, à savoir le gouvernement fédéral, de ne pas exiger aujourd’hui le crédit de 5 millions d’euros. Bruxelles, de son côté, n’exigera pas ce mardi le règlement d’un prêt de 30 millions qui arrive à échéance.

Le gouvernement bruxellois a approuvé les principes contenus dans une proposition formulée dimanche par les experts du gouvernement fédéral et des Régions à propos du Holding communal, a fait savoir lundi le ministre-président bruxellois, Charles Picqué.

L'exécutif régional attend maintenant du fédéral qu'il assume également sa part en renouvelant les 5 millions d'euros de billets de trésorerie détenus par la Loterie nationale et qui arrivent à échéance ce lundi. "Cet acte est nécessaire pour éviter la faillite du Holding communal", précise un communiqué.

Une liquidation et non une faillite

La solution préconisée prend comme point de départ la liquidation accompagnée du holding, et non sa faillite. Les Régions prendraient en charge 450 millions d'euros de dettes du holding, soit le montant de la garantie qu'elles lui ont accordée. Ce faisant, elles évitent d'activer leur garantie en tant que telle et de prendre trop de risques à l'égard de leur note financière que Moody's envisage depuis lundi passé de dégrader.

La solution prévoit également le financement des besoins de liquidité du Holding communal par les Régions et le fédéral -la demande adressée à propos de la Loterie Nationale intervient dans ce cadre-, l'entame d'une négociation du holding avec ses créanciers et la prise en charge du solde éventuel de l'opération par le fédéral et les Régions, l'une des pommes de discorde des derniers jours.

«Le sort du holding est entre les mains de Reynders»

Pour le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V), le ministre fédéral des Finances Didier Reynders (MR) tient le sort du Holding communal entre ses mains. S'il accepte de reporter l'échéance d'un emprunt consenti par la Loterie Nationale au holding, il sera possible d'aller vers une liquidation accompagnée de celui-ci, indiquait-il lundi matin à l'issue d'une réunion du gouvernement flamand qui s'est penché sur ce dossier.

Kris Peeters a encore ajouté que les Régions s'étaient ralliées à la proposition du ministre-président wallon Rudy Demotte, mais que cette proposition - malgré l'accord des experts du gouvernement fédéral et des gouvernements régionaux - a finalement été rejetée par le gouvernement fédéral.

ll insiste sur le fait qu'avec la garantie de 450 millions d'euros et l'emprunt de 120 millions d'euros, les Régions font un effort suffisant. Ces Régions veulent que le fédéral prenne seul en charge le solde du déficit à savoir 450 millions d'euros. Le fédéral propose de partager à parts égales cette charge entre le fédéral et les Régions.

Pour éviter la faillite immédiate et se donner un peu de temps, Kris Peeters dit attendre un geste du gouvernement fédéral via le report de l'échéance de l'emprunt que la Loterie nationale a consenti au Holding. "Les clefs sont dans les mains du ministre Reynders", a-t-il ajouté. Le ministre des Finances assure en effet la tutelle sur la Loterie Nationale.