Toujours plus de Flamands sous le seuil de pauvreté

De plus en plus de Flamands doivent faire appel aux CPAS pour obtenir l’allocation qu’ils octroient aux personnes qui n’ont pas d’emploi et ne bénéficient pas du chômage. Les CPAS doivent également de plus en plus fréquemment apporter un soutien financier complémentaire à des personnes qui travaillent, mais qui éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts.

En 2010, 49.631 Flamands recevaient un salaire de subsistance (revenu d’intégration sociale), soit 12,9% de plus qu’en 2008 (43.968). Un isolé reçoit 770 euros par mois, un cohabitant 513 euros et quelqu’un qui a une famille à charge 1.027 euros. Ceux qui ne sont pas Belges bénéficient d’un salaire de subsistance équivalent dont les montants sont identiques.

La section CPAS de l’Association des Communes et des Villes flamandes (WSG) constate que les personnes qui reçoivent un salaire de subsistance, ne savent souvent plus payer les coûts de base comme la location ou l’énergie. Beaucoup d’autres personnes qui bénéficient d’une allocation de base, comme une garantie de revenus pour personne âgée, ne s’en sortent pas, constate le département.

C’est pourquoi les CPAS octroient à de nombreuses personnes un « soutien financier supplémentaire » en plus du salaire de subsistance. Les personnes avec un salaire de subsistance ne sont pas les seules à bénéficier d’un soutien complémentaire, tel est également la cas pour les personnes ayant un job ou disposant d’une allocation. Leur salaire ou leur allocation est tellement peu élevé qu’ils ne peuvent payer les frais de base. En 2010, c’était le cas de 63.000 clients des CPAS qui ont bénéficié ensemble d’un montant de 57,5 millions d’euros, soit 3,6% de plus qu’en 2008 (55,5 millions d’euros).

Les CPAS demandent plus d’argent

Les CPAS déboursent 59,3 euros par salaire de subsistance alloué. Le reste est assuré par les différentes autorités. Le soutien financier complémentaire que les CPAS déboursent pour que les demandeurs puissent continuer à payer leur loyer et leurs frais d’électricité, est également à charge des CPAS. Le montant de ce soutien supplémentaire dépend des propres revenus du demandeur, et diffère aussi d’une commune à l’autre, car le CPAS est dépendant des possibilités budgétaires locales. Les communes qui comptent plus de pauvres sont donc plus sollicitées et plus chargées que les communes qui abritent moins de personnes en difficultés financières.

Les CPAS affirment que ce système instaure une insécurité d’existence, car les personnes sont dépendantes de la latitude budgétaire dont leur commune dispose pour donner un coup de main supplémentaire.

Qui bénéficie d'un salaire de subsistance?

Un salaire de subsistance est une aide financière que le CPAS octroie à une personne qui dispose de moyens insuffisants et qui satisfait aux conditions d’intégration sociale. Il s’agit de personnes qui n’ont pas de travail, qui ne reçoivent pas d’allocation de chômage ou tout autre allocation de la part de la sécurité sociale, qui n’engrangent pas d’argent grâce à d’éventuels biens mobiliers ou immobiliers et dont le cohabitant dispose de trop peu d’argent pour les entretenir tous les deux.

A condition que le demandeur ait tout fait pour toucher un salaire ou une allocation, il pourra recevoir un salaire de subsistance s’il est disposé à l’intégration sociale, en cherchant ou en acceptant par exemple un travail. Les personnes aptes à travailler sont mises au travail par le CPAS, au CPAS même ou ailleurs.

Journée de la Pauvreté

La section CPAS de l’Association des Communes et Villes Flamandes (WSG) a rendu public ces chiffres aujourd’hui à l’occasion de la Journée de la Pauvreté. Au nom des CPAS, la WSG demande au nouveau gouvernement fédéral à venir d’augmenter les plus bas revenus et de les aligner sur le seuil de pauvreté européen. La section demande également au gouvernement fédéral de rembourser aux CPAS 90% des salaires de subsistance, de manière à ce qu’ils continuent à disposer de moyens suffisants pour mener une stratégie de lutte contre la pauvreté proactive.