Le procès Softenon s'ouvre aujourd'hui

Le procès intenté par les victimes belges du médicament Softenon à l'Etat s’ouvre aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Le Softenon était prescrit aux femmes enceintes durant les années 1960. Il a fallu des années avant qu’il ne soit finalement interdit dans notre pays.

Le Softenon, l’appellation commerciale du Thalidomide, est prescrit à l’époque aux femmes enceintes en tant qu’antivomitif. Mais le médicament a provoqué de nombreux avortements spontanés et des malformations chez les enfants.

De nombreux enfants malformés ont vu le jour. Certains n'ont pas survécu à leur première année de vie et d'autres sont morts au fil des années.

Aujourd'hui, impossible de dire combien d'enfants Softenon vivent encore en Belgique. Quarante se sont manifestés et on estime qu'il reste 6.000 survivants dans le monde.

Interdit en 1969

La commercialisation du Softenon a commencé en Belgique en 1958. Les premières critiques de scientifiques étrangers sont émises deux ans plus tard. Certains médecins font le lien entre la prise du médicament pendant la grossesse et les malformations du bébé. Mais il faut attendre juin 1962 pour que le gouvernement belge prenne une mesure d'interdiction provisoire du Softenon -les pharmaciens peuvent toujours vendre les médicaments qu'ils ont en stock- et décembre 1969 pour que le Softenon soit totalement interdit.

Les victimes ont l’impression que leur histoire est tombée dans l’oubli. L’asbl Les Victimes belges du Thalidomide a attaqué l'Etat belge en justice. Les victimes l'estiment responsable de leur situation. Elles lui reprochent d'avoir retiré tardivement le médicament, de ne jamais leur avoir présenté d'excuses et de leur allouer des aides insuffisantes.

Le Thalidomide à nouveau en vente

Aujourd’hui, le monde médical utilise à nouveau le Thalidomide, sous le nom commercial Celgene, pour soigner des maladies dermatologiques. "L'Agence européenne des médicaments a autorisé son utilisation à condition que les pays élaborent un programme de gestion de risque", confirme Ann Eeckhout, porte-parole de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). "Mais ici en Belgique, on tient un registre des prescripteurs, des pharmaciens et des patients et, en aucun cas ce médicament ne peut être prescrit à une femme enceinte."

Pour les victimes, il s’agit là d’un nouvel affront.