GDF Suez brandit la menace des investissements

GDF Suez a menacé mardi de revoir ses politiques d'investissements, d'emploi, de formation et de mécénat en Belgique, et notamment sa volonté de prolonger la durée de vie de certaines de ses centrales nucléaires, en réaction à des informations de presse selon lesquelles sa filiale belge Electrabel pourrait être mise à contribution dans le cadre des économies à réaliser pour boucler le budget 2012.

Electrabel pourrait être mis fortement à contribution dans le cadre de la course aux milliards dans laquelle se sont lancés lundi le formateur Elio Di Rupo et les six partis de la coalition. L'énergéticien risque de perdre la totalité de sa rente nucléaire d'un milliard d'euros, rapportait hier le quotidien ‘L'Echo’.

S'il n'existe pas encore de consensus politique sur la manière de le faire contribuer, le management de GDF Suez, maison-mère d'Electrabel, s'attend à recevoir une note salée. L'entreprise est en effet le plus gros contributeur de la taxe nucléaire et il craint que la facture soit revue à la hausse à la suite des négociations budgétaires.

Selon ‘L'Echo’, les négociateurs pourraient jouer sur deux variables, d'après la note du formateur.

En premier lieu, la taxe directe serait utilisée pour capter une partie de la rente nucléaire. Le chiffre le plus souvent cité est 500 millions d'euros.

Parallèlement, le prochain gouvernement pourrait accrocher un mécanisme d'acheteur unique. Il s'agirait de nationaliser la production d'électricité d'origine nucléaire. L'Etat belge s'occuperait ensuite de la revendre aux différents fournisseurs.

Sans amendements, ce double schéma se traduirait par un manque à gagner de près d'un milliard d'euros pour GDF Suez.

Un scénario qui a fait bondir mardi la maison-mère d'Electrabel, le groupe GDF Suez, qui trouve "inacceptable l'acharnement sans égal" envers le secteur nucléaire belge. "Si ces informations devaient se confirmer, le groupe les contestera par toutes voies de droit, en ce compris les traités internationaux signés par la Belgique protégeant les investissements qui y ont été faits", avertit GDF Suez dans un communiqué.

Le groupe estime que les mesures et montants évoqués vont à l'encontre des engagements pris par l'Etat en 2009 et prévoyant la prolongation pour 10 ans des centrales Doel 1 et 2 et Tihange 1 parallèlement au paiement d'une contribution annuelle de 215 à 245 millions d'euros pour les exercices 2010 à 2014.

GDF Suez juge en outre qu'un alourdissement de la taxation du secteur énergétique constituerait "un signal particulièrement négatif" pour les investisseurs et aurait un "impact négatif" sur la compétitivité de l'économie belge.