La Belgique a armé certains régimes arabes

Les Etats-Unis, la Russie et différents pays européens, dont la Belgique, ont livré beaucoup d’armes ces cinq dernières années à des régimes d’Afrique du Nord et au Proche-Orient, indique un rapport d’Amnesty International. Les livraisons belges étaient destinées à Bahreïn, à la Libye et à l’Egypte.

L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a étudié les livraisons d’armes aux pays arabes de ces dernières années et publié ses résultats dans un rapport à paraître ce mercredi.

Cette année, la Russie, les Etats-Unis et quelques pays européens ont livré de grandes quantités d’armes aux dictatures en Syrie, au Yémen, à Bahreïn, en Egypte et en Libye.

Amnesty International pointe la Belgique comme étant l'un des pays ayant fourni d'importantes quantités d'armes aux régimes arabes avant les révoltes du "printemps arabe".

Ces livraisons ont eu lieu "en dépit du risque réel que différentes armes soient utilisées pour commettre de sérieuses violations des droits de l'homme", a souligné l'organisation, qui cite également des pays européens tels que l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la France, la Grande-Bretagne.

Le rapport étudie les transferts d'armements effectués vers cinq pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord (Bahreïn, la Libye, l'Egypte, la Syrie et le Yémen). Ces pays ont tous connu des mouvements de protestations, qui se sont soldés par la chute des régimes en place en Tunisie, en Egypte et en Libye, alors que le royaume de Bahreïn a connu un mois de protestation, réprimée.

Selon Amnesty, la Belgique a été l'un des principaux pourvoyeurs d'armes à ces pays. L'organisation de défense des droits de l'homme cite notamment la livraison d'armes légères et de munitions de guerre autorisée par la Région wallonne en 2009 pour un montant de 17,9 millions d'euros. Les Régions flamande et bruxelloise ont, elles aussi, exporté, mais dans une moindre mesure.

Amnesty mentionne également l'octroi de licences d'un montant de 5,3 millions d'euros pour la fourniture d'armes légères à Bahreïn et pour la livraison d'armes légères, de munitions et de véhicules blindés à l'Egypte.

Selon l'organisation, les pays exportateurs ont délibérément nié l'existence de régimes répressifs dans ces pays tout en se déclarant solidaires des protestations des peuples du Proche-Orient et d'Afrique du Nord.

Amnesty reconnaît toutefois que les pays exportateurs, dont les Régions belges, ont réduit les livraisons d'armes depuis le déclenchement du printemps arabe. Mais le mal était fait, a souligné l’ONG, tout en plaidant pour la négociation d'un nouveau traité international encadrant davantage la fourniture d'armes s'il existe un risque réel qu'elles soient utilisées pour bafouer les droits de l'homme.