La SNCB supprime 193 trains

Au terme de neuf réunions et de longs mois de discussions, le conseil d'administration de la SNCB a finalement avalisé, mardi soir, la suppression de 170 trains du trafic intérieur à partir de décembre 2012 auxquels s'ajoutent 23 trains transfrontaliers, dont la disparition pourrait être effective en 2014.

Cette mesure, qui correspond à 1,91% de l'offre mesurée en trains/km, pourrait concerner 2.800 voyageurs "au maximum" pour une économie de l'ordre de 13 millions d'euros à l'horizon 2015, a commenté Marc Descheemaecker, l'administrateur délégué de la SNCB.

Elle permettrait en outre à la société de chemins de fer de "réaliser ses objectifs comptables", en d'autres termes de renouer avec un flux de trésorerie d'exploitation positif, a précisé le responsable.

Dans le détail, disparaîtront les trains dont les recettes commerciales ne couvrent pas leur coût énergétique, ceux qui ne transportent pas plus de 40 voyageurs et ceux qui ne sont pas repris dans le contrat de gestion liant la société à l'Etat.

Afin de pallier ces suppressions annoncées, le conseil d'administration charge par ailleurs "le comité de direction d'étudier, dès à présent, la possibilité de mettre en place un mode de transport public mieux adapté à la demande, plus économique et plus écologique afin de maintenir une offre de transport minimale lorsqu'il est envisagé de supprimer trois trains consécutifs ou si l'offre ferroviaire ne propose pas d'alternative dans les 60 minutes."

100 millions d’économies d’ici 2015

Si elles font couler beaucoup d'encre, ces suppressions de trains - inférieures aux estimations des derniers jours qui parlaient de la disparition de 302 trains - ne constituent toutefois que le sommet de l'iceberg puisqu'elles s'inscrivent dans un plan d'entreprise plus vaste, conduisant à des économies de quelque 100 millions d'euros d'ici à 2015.

Afin d'atteindre cet objectif, les services administratifs et de support seront particulièrement sollicités même si "tous les postes de frais seront touchés", a encore indiqué Marc Descheemaecker.

Le conseil d'administration n'a toutefois pas donné son aval à la disparition de points d'arrêt et de gares, demandant à ce propos qu'une étude approfondie sur leur optimalisation soit menée dans le cadre du plan transport 2013-2025. Il n'en reste pas moins que dans l'attente de cette étude, les investissements planifiés d'ici à fin 2012 sont gelés.

"Le conseil d'administration a pris une décision difficile mais nécessaire pour les voyageurs, les cheminots et les contribuables", a conclu Marc Descheemaecker.

Un avis que ne partagent ni les syndicats, ni les navetteurs. Tous ont fait part de leur déception et de leurs inquiétudes, la CGSP-Cheminots allant même jusqu'à évoquer la disparition de quelque 1.200 emplois.

Des disparitions d’emploi

"Chaque fois qu'un train disparaît, c'est une réelle déception même si le conseil d'administration a visiblement la volonté de proposer des alternatives", a réagi Dominique Dalne, secrétaire national de la CSC Transcom.

Regrets identiques du côté du syndicat socialiste où l'on estime qu'un train supprimé, "c'est déjà un train de trop, d'autant que davantage d'économies auraient pu être réalisées en frais de consultance, notamment", a pointé Michel Abdissi, secrétaire régional de la CGSP-Cheminots.

Mardi matin, les syndicats craignaient encore la disparition de 302 trains en heures creuses. "Ce nombre a été revu à la baisse et la casse a été limitée", a poursuivi Dominique Dalne en s'inquiétant toutefois des conséquences de cette mesure sur l'emploi.

"On évoque aujourd'hui le non-remplacement d'un cheminot sur trois et par ailleurs, moins de trains, c'est aussi moins d'accompagnateurs. Selon nos estimations, 1.200 emplois seraient menacés", a pour sa part déclaré Michel Abdissi.