10.000 écoliers au travail pour la Tanzanie

Plus de 10.000 élèves d’écoles de Flandre et de Bruxelles participent ce jeudi à la 6e édition de la « Journée pour le Sud ». En travaillant une journée, ils reçoivent un « salaire » de 40 euros, qu’ils reverseront cette année intégralement à l’organisation non-gouvernementale Trias, qui met plus particulièrement en valeur un projet en faveur du Nord de la Tanzanie. La campagne porte le slogan « Work for Change » (‘Travailler pour un changement’).

Les écoliers qui participent à la sixième édition de la « Journée pour le Sud » travaillent ce jeudi dans des secteurs très diversifiés, comme par exemple dans un magasin de chaussures, dans une friterie locale, chez un boulanger, dans un centre public d’aide sociale, ou à la rédaction de la radiotélévision publique flamande VRT.

Cette année, c’est un projet de jeunes de l’ONG Trias au Nord de la Tanzanie qui est plus particulièrement mis en lumière. Plus de 125 écoles en Flandre et à Bruxelles, soit plus de 10.000 élèves, participent à la journée de sensibilisation. Le projet a débuté il y a quelques années à petite échelle, mais a remporté un tel succès qu’il a pu rapidement s’étendre, explique le coordinatrice générale Ellen Dereymaeker (photo).

« L’idée vient en fait de Norvège », explique Dereymaeker. « Un projet scolaire y est né dans les années 1960. J’en avais entendu parlé alors que je faisais du travail bénévole au Brésil, et nous avons alors créé en Flandre quelque chose de semblable ».

Le projet pilote eut lieu à Hal, en 2006, avec la participation de six écoles, 500 élèves et de nombreux bénévoles. « On nous a alors demandé de refaire un projet semblable », précise Ellen Dereymaeker. Les deux premiers projets ont permis de rassembler des fonds pour des projets au Brésil. Les suivants ont servi à aider la Colombie, l’Ouganda et l’Indonésie. Cette année, l’aide ira en Tanzanie du Nord.

Le projet s’est professionnalisé

La Journée pour le Sud s’est professionnalisée au fil de ses éditions successives. Il existe ainsi maintenant une banque de données, pour laquelle les entreprises peuvent offrir un travail d’une journée à l’attention d’un écolier bénévole. Il y a cependant encore plus de candidats jobistes que de jobs d’un jour offerts. Les élèves intéressés recherchent d’ailleurs eux-mêmes des entreprises, des chaînes de magasins ou des indépendants qui veulent les employer une journée. Ce qui crée un pont entre les entreprises et les écoles.

« Les employeurs sont très enthousiastes », explique Ellen Dereymaeker. « Pour elles, c’est une façon d’attirer l’attention tout en faisant quelque chose d’utile pour la société. La Journée leur donne aussi une occasion de présenter leurs coulisses à des jeunes et de les intéresser à leur secteur d’activité. Elles peuvent ainsi redorer leur image ou attirer des jeunes vers un secteur en manque de main-d’œuvre qualifiée ».

Les écoliers qui travaillent ce jeudi reçoivent chacun 40 euros, qu’ils reverseront entièrement cette année à l’organisation non-gouvernementale Trias, qui coordonne un projet avec les jeunes Masaï au Nord de la Tanzanie. Pour l’occasion, 12 jeunes Masaï étaient venus ce jeudi en Belgique (photo), pour y présenter le projet à des jeunes de 2e année secondaire, dans plusieurs provinces flamandes.