La prison à vie pour Ronald Janssen

Reconnu coupable jeudi de l’enlèvement et l’assassinat d’Annick Van Uytsel, du viol avec torture et de l’assassinat de Shana Appeltans et du meurtre de Kevin Paulus, l’ancien enseignant de Loksbergen âgé de 40 ans (photo principale) a été condamné ce vendredi midi par la Cour d’assises du Limbourg, à Tongres, à la réclusion à perpétuité. Le jury n’a retenu aucune circonstance atténuante.

La lecture de l’arrêt par le président de la Cour d’assises de Tongres, Michel Jordens (photo), a débuté par le rappel que le jury populaire avait répondu « oui » la veille aux 9 questions qui lui étaient posées et donc estimé que Ronald Janssen est coupable de tous les faits qui lui sont reprochés, à savoir des assassinats d’Annick Van Uytsel (18 ans), de Shana Appeltans (18 ans) et du fiancé de cette dernière, Kevin Paulus (22 ans), mais aussi de l’enlèvement et de la séquestration d’Annick Van Uytsel et du viol avec torture de Shana Appeltans.

Michel Jordens a noté que Janssen n’avait pas seulement tué ses victimes, mais qu’il les avait traitées comme des objets et voulait leur destruction totale. Ses meurtres étaient donc particulièrement atroces. Le président de la Cour réitérait les conclusions des psychiatres : Ronald Janssen possède un noyau psychopathique, mais aussi des déviances sexuelles et les traits d’une personnalité antisociale. Les spécialistes estiment que l’ancien enseignant présente de grands risques de récidiver et qu’un traitement n’aurait que des chances minimes de porter des fruits.

Janssen ne montre aucune émotion et ne possède que peu de compassion pour autrui. Le jury et les magistrats ont estimé qu’il représentait un danger pour la société. « Il n’y a pas de circonstances atténuantes par rapport aux faits ni à la personnalité de Ronald Janssen. Le jury condamne donc Janssen à la prison à perpétuité ».

"La société ne vous veut plus"

S’adressant à Ronald Janssen, le président de la Cour a souligné que s’il avait été condamné à la peine la plus lourde, cela signifiait de façon symbolique « que la société ne vous veut plus en son sein, pour protéger la société ». Et de préciser que l’on avait tenté de lui donner le procès le plus serein et le plus correct possible.

« Je ne sais pas si vous retournerez jamais dans la société. Il se pourrait que cela n’arrive jamais. Je vous invite à réfléchir à votre peine et à décider ce que vous allez faire de votre vie. On ne peut nier que vous possédez certains dons et des qualités. La question est de savoir comment vous allez les utiliser ».

Michel Jordens a aussi appelé Ronald Janssen à penser à ses propres enfants et à leur sort. « Ils doivent en effet vivre maintenant à perpétuité avec un stigmate ».