Sommet européen crucial à Bruxelles

Les dirigeants des pays de l'Union européenne ont entamé dimanche matin à Bruxelles un sommet avec l'objectif de tenter de surmonter leurs divergences sur les moyens d'enrayer la crise de la dette qui déstabilise la zone euro.

La réunion s'est ouverte vers 10H20. Aucune décision n'est attendue à l'issue de cette réunion qui se poursuivra mercredi avec les seuls dirigeants des 17 pays de la zone euro, où la des mesures devront être prise.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a salué dimanche, en ouverture d'un sommet crucial sur la dette, le courage "souvent sous-estimé" des dirigeants qui mettent en oeuvre des mesures impopulaires.

"Nos réunions d'aujourd'hui et de mercredi sont des pas importants, peut-être les plus importants, dans la série des mesures à prendre pour surmonter la crise. Même si d'autres pas seront nécessaires", a-t-il déclaré, selon le compte-rendu de ses remarques introductives.

"Certains de ces pas seront impopulaires, qu'il s'agisse de mesures décidées dans vos pays ou de nos décisions communes ici, en tant qu'Union. Je vous remercie pour votre courage politique, souvent sous-estimé", a ajouté M. Van Rompuy.

Rencontre Merkel-Sarkozy

Les deux acteurs-clé, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, se sont déjà rencontrés samedi soir pour tenter d'aplanir leurs divergences sur la réponse à apporter.

Leurs déclarations optimistes laissent penser qu'un rapprochement timide s'est amorcé. Paris et Berlin se disputent depuis plusieurs jours notamment sur les modalités pour renforcer le Fonds de secours de la zone euro en faveur des pays en difficulté, le FESF, principal pare-feu contre la contagion.
Il faut commencer pour la zone euro par stabiliser la Grèce, asphyxiée par une dette colossale de quelque 350 milliards d'euros, en demandant aux banques créancières du pays d'accepter une perte d'au moins 50%, contre 21% décidé en juillet.

En contrepartie, une recapitalisation des banques européennes, supérieure à 100 milliards d'euros, est prévue afin de les aider à amortir le choc.

Réunion des ministres des Finances

Le sommet a été précédé de deux jours de tractations difficiles entre les ministres des Finances de la zone euro et des 27.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a salué samedi soir un paquet de décisions - à confirmer dimanche par les chefs d'Etat et de gouvernement européens - qui doivent permettre d'assurer la viabilité de la Grèce, mais aussi celle de la zone euro. "On entre enfin dans une logique de moyen et long terme", a-t-il déclaré à l'agence Belga.

Les ministres des Finances de la zone euro, rejoints par moments par leurs collègues de l'Union européenne élargie, ont mis en place vendredi et samedi les éléments d'une solution plus globale à la débâcle financière européenne.

Ils ont d'une part défini les conditions de recapitalisation des banques et de l'autre oeuvré à rétablir des perspectives crédibles pour la dette de la Grèce, dont le défaut menacerait toute la zone.
Ils ont retenu la piste d'un relèvement à 9% du seuil minimum de fonds propres "durs" (Tier 1) des banques, une décision qui impliquera des besoins de financement de plus de 100 milliards d'euros. Les établissements bancaires seront appelés à lever des fonds sur les marchés, voire à faire appel à un financement public national. En dernier recours, ils pourront solliciter la Facilité européenne de stabilité financière (FESF).

"On n'a pas d'inquiétude particulière pour les banques belges, d'autant plus qu'on vient de reprendre Dexia Banque", a indiqué M. Reynders à ce sujet.

Sur le front de la dette grecque, les Européens ont fixé les contours d'une négociation entre Athènes et ses créanciers. Ceux-ci seraient amenés à accepter volontairement une décote substantielle sur leurs obligations grecques (supérieure à 50%). Il s'agit d'une "opération de longue haleine", selon Didier Reynders, évoquant le retour à la soutenabilité à l'horizon 2020.