«Une question qui nécessite une réponse politique»

La Belgique n’a toujours pas de gouvernement 500 jours après les élections. Mais les négociations vont bon train. Les discussions sur les thématiques socio-économiques reprennent en séance plénière aujourd’hui à 14 heures. Et, en début de soirée, les ministres-présidents des entités fédérées seront reçus par les négociateurs et le formateur, toujours à la recherche de 10 milliards d’euros.

La journée d’hier a été essentiellement consacrée à la Justice. Les négociateurs ne sont toutefois pas encore arrivés au bout de ce chapitre. Deux points sont apparus comme particulièrement difficiles: les peines incompressibles et la réforme de l'organisation judiciaire.

Par ailleurs, il y a eu quelques échanges acerbes lorsque le CD&V et le sp.a s'en sont pris mardi au fait que le gouverneur de la BNB, Luc Coene (photo), préside toujours la section "besoins de financement" du Conseil supérieur des finances (CSF) à qui les négociateurs ont demandé d'actualiser son rapport de mars 2011 sur la répartition de l'effort entre le fédéral et les entités fédérées.

Ces partis ont demandé une "clarification" du rôle du gouverneur. CD&V et sp.a soupçonnent M. Coene -ancien chef de cabinet du premier ministre libéral Guy Verhofstadt et ancien sénateur libéral- de "rouler" pour la thèse libérale.

Les partis non libéraux contesteraient aussi le rôle que pourrait jouer dans ce travail d'actualisation le ministre des Finances Didier Reynders (MR) en tant que président du CSF.

Cet après-midi, vers 14 heures, les négociations reprendront sur les thématiques socio-économiques. Vers 19h30, les négociateurs entourés du formateur recevront les ministres-présidents des entités fédérées.

De son côté, le président du MR Charles Michel (photo), a estimé que «la Flandre doit davantage contribuer pour permettre au budget fédéral d’atteindre l’équilibre». Des propos qui ont provoqué le courroux des partis flamands. «Un comportement irréfléchi», estime Kris Peeters (CD&V), ministre-président flamand.

«Qui doit contribuer ? Cela reste une question politique», selon Peeters qui a répété que ce soir, en présence des homologues bruxellois et wallon Charles Picqué (PS) et Rudy Demotte (PS), il dira au formateur Elio Di Rupo que la Flandre ne fera pas d’économies supplémentaires pour contribuer au budget fédéral. «Nous sommes prêts à parler des pensions de nos fonctionnaires et des compétences usurpées». Mais il ne sera pas question d’efforts supplémentaires.

Une question politique qui ne concerne pas le CSF

La répartition de l'effort d'assainissement budgétaire entre fédéral et entités fédérées est une question politique que le Conseil supérieur des Finances (CSF) ne peut trancher, a affirmé mercredi sur Radio 1 le professeur Herman Matthijs (VUB), membre du CSF.

Herman Matthijs estime qu'en réclamant ce nouvel avis au CSF, les représentants des six partis qui négocient la formation d'un nouveau gouvernement tentent surtout de "refiler la patate chaude" à son institution, dans le but de gagner du temps.

"C'est une question politique qui nécessite une réponse politique entre les six partis ; le CSF peut difficilement résoudre un problème politique", fait observer le Pr Matthijs.

L'avis que le CSF est appelé à rendre vendredi ne s'éloignera pas beaucoup de celui rendu en mars, ajoute le professeur. A l’époque, le CSF avait proposé une contribution des entités fédérées de l'ordre de 440 millions d'euros.

"Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de marge", fait-il remarquer, jugeant improbable que le CSF propose soudainement une contribution supplémentaire de 2 milliards d'euros des entités fédérées.

Le formateur Elio Di Rupo et les représentants des six partis cherchent 10 milliards d'euros pour réduire le déficit budgétaire de l'an prochain à 2,8 % du produit intérieur brut (PIB).