Sommet crucial pour l'avenir de l'euro

Les dirigeants européens se retrouvent ce mercredi soir à Bruxelles pour tenter de résoudre la crise financière dans laquelle est empêtré l’euro. Il s’agit du deuxième sommet en à peine quatre jours. Les dirigeants des 27 Etats membres tiendront une réunion commune. Les leaders des 17 pays de la seule eurozone se rencontreront ensuite séparément.

Les marchés attendent des gestes forts du sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union monétaire à Bruxelles, qui s'ouvrira dans la soirée après un sommet des 27 pays de l'Union européenne. Mais les espoirs de voir un accord d'envergure sont minces en raison des divergences persistantes entre Européens.

Une aide chinoise

Les dirigeants européens doivent notamment éviter à tout prix la contagion de la crise de la dette grecque à l'Italie et l'Espagne, en particulier en trouvant un moyen d'augmenter la force de frappe du Fonds de secours de la zone euro (FESF), doté d'une capacité de 440 milliards d'euros jugée insuffisante pour répondre à la crise.

Les chefs d'État et de gouvernement européens pourraient décider mercredi soir d'élargir à des investisseurs externes le FESF à des investisseurs externes, principal instrument pour enrayer la crise de la dette dans la zone euro.

La Chine est prête à abonder le Fonds européen de stabilité financière. "La Chine est pour" abonder le Fonds en créant une entité autonome d'investissement (spin-off), a dit un diplomate sous couvert de l'anonymat. Les autres puissantes émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) n'ont "pas encore" indiqué s'ils participeraient à ce fonds, a-t-il ajouté.

L'Argentine a clairement indiqué qu'elle ne participerait au sauvetage de la zone euro, a dit un autre diplomate.

Défaut de paiement de la Grèce

Les dirigeants doivent également se pencher sur l’organisation d’un défaut partiel de paiement de la Grèce pour éviter la contagion au reste de la zone euro.

Selon la presse grecque, le plan en discussion à Bruxelles avec les banques privées pour alléger la dette grecque porte sur le remplacement des obligations souveraines grecques par un mélange de titres et de cash, le tout correspondant à 50% de la valeur initiale.

Selon le quotidien ‘Kathimerini’ citant des sources "dans la capitale belge", la valeur de quelque 205 milliards d'euros de dette détenue par des investisseurs privés serait ainsi divisée par deux, à 102,5 milliards d'euros.

Pour 100 euros de dette grecque détenue, les investisseurs privés recevraient 15 euros en cash et des obligations à 30 ans de 35 euros portant un coupon de 6%, même si le ratio entre cash et titre n'est pas encore définitif, indique le journal.

Toujours selon la presse grecque, la négociation porte sur l'ensemble des obligations dont la maturité va jusqu'en 2035, et non, comme en juillet, uniquement sur celles qui arrivent à maturité en 2020.

Le montant total de la dette grecque est de quelque 350 milliards d'euros, mais les négociations en cours ne portent que sur la partie détenue par les institutions privées, excluant les titres détenus par la Banque centrale européenne, ainsi que les prêts concédés à la Grèce en 2010 par l'Union européenne et le Fonds Monétaire international.