Les Régions ne veulent pas renflouer le budget

La Flandre, la Wallonie et Bruxelles ont confirmé ce mercredi soir au formateur Elio Di Rupo ne pas pouvoir fournir des efforts supplémentaires au bénéfice du budget fédéral. Mais les trois Régions veulent bien envisager de financer une plus grande part des pensions de leurs fonctionnaires régionaux. Pour les libéraux flamands et francophones, c’est un pas dans la bonne direction.

Lundi, le président du parti libéral francophone Charles Michel avait rassemblé la presse pour annoncer que le Mouvement réformateur ne conclurait pas d’accord pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral si les Régions, et en particulier la Flandre, ne participaient pas à l’effort financier nécessaire pour atteindre un équilibre budgétaire en 2015. Les libéraux flamands d’Open VLD réclamaient eux aussi un effort financier partagé.

Les Régions se sont alors fâchées, affirmant fournir déjà des efforts suffisants, et ont demandé au Conseil supérieur des Finances d’effectuer un rapport actualisé sur leurs contributions. Il est attendu pour ce vendredi.

Après s’être concertés pour accorder leurs violons, les ministres-présidents de la Flandre, Kris Peeters (CD&V), de la Wallonie, Rudy Demotte (PS), et de Bruxelles, Charles Picqué (PS), ont rencontré mercredi soir le formateur Elio Di Rupo pour lui faire part de leur point de vue. Ils ont une nouvelle fois affirmé que leur Région ne pouvait tout simplement pas se permettre financièrement de contribuer encore davantage à l’assainissement budgétaire.

« Depuis 2009, nous avons déjà réalisé plus d’un milliard d’économies. En outre, 2012 sera le budget le plus difficile que nous ayons jamais eu à élaborer », a souligné Rudy Demotte (photo). Quant au ministre-président flamand, il a souligné que « le gouvernement flamand devra en plus assumer un coût de 265 millions d’euros à la suite du démantèlement du Holding communal ».

Kris Peeters (photo principale) a rappelé que la Flandre avait déjà économisé deux milliards d’euros et qu’elle n’avait plus de marge pour 2012. Il s’est cependant dit disposé à reprendre quelques compétences fédérales qui appartiennent en théorie aux Régions et à augmenter la contribution de son gouvernement dans les pensions des fonctionnaires flamands.

Ce jeudi, il semblait que cette déclaration ait satisfait les partis libéraux, qui l’ont qualifiée de « pas dans la bonne direction ». Charles Michel (photo) a qualifié la réunion de jeudi soir avec le formateur de « positive » et d’entame d’une discussion plus en profondeur sur la façon dont la Belgique respectera ses engagements budgétaires vis-à-vis de l’Union européenne.