"Papandréou porte une très lourde responsabilité"

Le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (photo principale) se dit « étonné » de la volonté de son homologue grec de soumettre le plan de sauvetage européen pour son pays à un référendum. « Ce n’est plus un problème interne à la Grèce ». Par son annonce, Georges Papandréou a consterné tous les dirigeants européens. Conséquence: une concertation d'urgence à propos du référendum réunira ce mercredi à Cannes des représentants de l'Union européenne, de la zone euro et du Fonds monétaire international.

« Georges Papandréou n’a pas évoqué un quelconque référendum lors du sommet européen de la semaine dernière. Pas avant, pas pendant et pas après le sommet », s’étonne ce mardi le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (CD&V). Et d’ajouter que le Premier ministre grec « porte une très lourde responsabilité ». « Les Grecs doivent recevoir la perspective d’un meilleur avenir, mais ils doivent aussi être conscients que ce n’est plus un problème purement interne à la Grèce ».

Leterme espère que la population grecque est consciente qu’avec l’abandon par les banques de 50% de leurs créances afin de réduire la dette grecque de 100 milliards d’euros, la zone euro a pris une décision importante. Des mesures strictes d’économie sont nécessaires en contrepartie.

Le fait que les bourses européennes soient à nouveau à la baisse ce mardi prouve pour Yves Leterme que « de l’insécurité a à nouveau été créée, alors que le monde entier a justement besoin de sécurité et de confiance ». Les décisions prises au sommet européen de mercredi dernier devaient aider à restaurer cette confiance, souligne le Premier ministre.

Pour le rétablissement de la zone euro et la résolution de la crise de la dette, il est important que chaque Etat membre apporte sa contribution, insiste Leterme. « La Belgique aussi doit assurer sa partie du travail et doit pouvoir présenter un budget aussi vite que possible ».

Selon le quotidien français Le Monde, le président Nicolas Sarkozy se serait dit « abasourdi » par l’annonce de Papandréou (photo). La chancelière allemande Angela Merkel aurait pris connaissance de la nouvelle avec surprise. Sarkozy et Merkel devaient se concerter à ce sujet par téléphone ce mardi.

Concertation d’urgence à propos du référendum grec

Des représentants de l’Union européenne, de la zone euro et du Fonds monétaire international se réuniront ce mercredi d’urgence à Cannes - à la veille du début de la réunion du G20 dans cette ville française - au sujet de l’annonce grecque d’un recours au référendum sur le plan anti-crise de la zone euro.

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a fait savoir ce mardi après-midi qu’il assisterait mercredi à Cannes à un « dîner de travail » réunissant les dirigeants allemand et français, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, ainsi que les responsables de l’Union européenne et la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde.

Le président français et la chancelière allemande se sont concertés ce mardi par téléphone sur l’annonce-surprise de Papandréou et les possibles conséquences d’un référendum. Ils se sont ensuite déclarés « déterminés » à faire appliquer le plan de sauvetage de la Grèce. Ils souhaitent l’adoption rapide d’une « feuille de route » pour assurer l’application de ce plan.

D’autre part, le président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy (photo, à g.), et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso (photo, à dr.) ont appelé ce mardi la Grèce, dans une déclaration commune, à respecter ses engagements. Les deux hommes se sont également entretenus par téléphone avec le Premier ministre grec.

« Nous sommes convaincus que l’accord conclu est la meilleure chose pour la Grèce. Nous avons pleine confiance que la Grèce respectera ses engagements vis-à-vis de la zone euro et de la communauté internationale ».