“Adapter le budget, pas faire l’appoint"

Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) est prêt à adapter le budget de sa Région à la croissance économique, mais estime que la Flandre, la Wallonie et Bruxelles ne doivent pas contribuer davantage à renflouer le budget fédéral. "En Flandre aussi, les besoins sont importants", déclarait Peeters ce mercredi dans l’émission "De Ochtend" (VRT). Le Conseil supérieur des Finances a présenté lundi un rapport adapté sur les prévisions de croissance pour 2012 et indiqué que les Régions, Communautés et communes doivent contribuer à limiter le déficit fédéral.

Interviewé ce mercredi matin dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT, le ministre-président flamand n’a pas remis en question les prévisions de croissance pour 2012 revues à la baisse de moitié pour 2012 (0,8% au lieu de 1,6% escompté en mars dernier) par le Conseil supérieur des Finances. « L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) parle pour sa part d’une prévision de croissance de l’ordre de 0,5%, alors que la Commission européenne prend 0,9% comme norme. L’adaptation du Conseil supérieur des Finances de 1,6% à 0,8% est donc justifiée », estimait Kris Peeters.

« Cette révision à la baisse est importante, car pour la Flandre cela représente un trou dans le budget de l’ordre de 160 à 245 millions d’euros. Heureusement, nous avons aussi constitué des amortisseurs pour un montant de 220 millions d’euros. Ils nous aideront déjà beaucoup ».

Et le ministre-président flamand d’ajouter : « Je regrette que les partis négociateurs pour la formation d’un gouvernement fédéral ne s’attèlent pas immédiatement à la confection d’un budget pour 2012. Qu’attendent-ils ? Il n’y a plus de temps à perdre ».

Kris Peeters n’a pas l’intention de réaliser des bénéfices au niveau flamand. « Nous allons mettre de côté des provisions, afin de pouvoir rehausser les pensions des fonctionnaires, mais c’est tout. Nous n’allons pas réaliser des surplus parce que l’on pourrait nous le demander. La Flandre a elle-même de grands besoins. Je pense notamment aux écoles que l’on devrait construire. Nous devrons de toute façon déjà faire un effort supplémentaire pour maintenir le budget régional en équilibre ».

Kris Peeters indiquait ainsi que la Flandre n’a pas l’intention de faire l’appoint pour sortir le budget fédéral du rouge.

Les Régions prêtes à adapter leur budget

Ce mardi, à la suite du rapport adapté du Conseil supérieur des Finances, les ministres-présidents de la Flandre, Kris Peeters (CD&V), de la Wallonie, Rudy Demotte (PS), et de la Région bruxelloise, Charles Picqué (PS), se sont réunis (photo) pour accorder leurs points de vue sur le contenu du rapport.

A l’issue de leur réunion, les trois ministres-présidents ont déclaré que l’équilibre budgétaire restait leur point de départ et leur priorité, que cet équilibre était nécessaire au regard du contexte international. Les trois Régions sont donc prêtes à adapter leur budget respectif, en fonction des prévisions de croissance revues à la baisse.

Les trois ministres-présidents regrettent néanmoins que le Conseil supérieur des Finances utilise encore toujours des statistiques dépassées à propos des administrations locales. « Nous estimons que ce n’est pas correct, d’autant plus que les Régions ont fourni en septembre des données détaillées sur les administrations communales ».

Les négociateurs s’attellent à la confection du budget

C’est ce mercredi après-midi que les six  partis politiques qui négocient en vue de la formation d’un gouvernement fédéral et le formateur Elio Di Rupo (photo) ont entamé leur concertation sur le budget 2012.

Le ralentissement de la croissance économique à 0,8% pour l'an prochain - souligné par le rapport actualisé du Conseil supérieur des Finances - les oblige à effectuer des efforts de restriction supplémentaires. Selon le CSF, il leur faudra  trouver des économies de l'ordre de 9,6 milliards d'euros, dont 1,7 milliard devra être assumé par les Régions, les Communautés et les communes.

Ce mercredi, le président des libéraux flamands Alexandre De Croo soulignait qu'il n'était pas question de tolérer un déficit budgétaire de 3% du produit intérieur brut, au lieu des 2,8% prévus.