La N-VA est prête à revenir à la table des négociations

"La N-VA est disposée à s’asseoir à la table des négociations mais alors il faut que celle-ci reparte d’une feuille blanche" a déclaré ce midi le député nationaliste flamand Jan Jambon à la RTBF.

Le 7 juillet dernier, la N_VA s’est exclue de facto des négociations en rejetant la note du formateur Elio Di Rupo (PS). "Ne regrettez-vous pas de ne plus avoir la main ?" a demandé le journaliste à Jan Jambon. "C’est la faute des autres partis" a répondu le député nationaliste flamand.

"Nous n’avons pas accepté la note Di Rupo comme base de négociation alors que les autres partis l’ont fait". Jan Jambon a donc lancé un appel aux autres partis flamands Open VLD, et CD&V pour revenir sur leur décision.
"Nous devons conclure qu’il échoue dans sa mission et ne parvient pas à terminer le travail" ajoute le député. "La N-VA est donc disposée à reprendre les négociations mais nous devons repartir d’une feuille blanche. L’objectif est bien d’atteindre le confédéralisme".

"Il faut boucler le budget 2012"

De son côté le premier ministre Yves Leterme a pressé les négociateurs pour la formation d'un gouvernement de boucler au plus tôt le budget 2012 afin qu'il soit voté avant la fin de l'année, rappelant que la Belgique est toujours concernée par la procédure européenne pour déficit excessif.

"J'ai parlé vendredi avec le formateur (Elio Di Rupo) pour lui faire part de mes soucis; il est crucial que la Belgique puisse avoir un budget voté pour le 31 décembre à minuit, avec un solde net à financer de 2,8 pc du PIB" (Produit intérieur brut)", a indiqué à la RTBF le chef du gouvernement d'affaires courantes.

A ses yeux, envisager des douzièmes provisoires (des dépenses mensuelles dans la limite du douzième des crédits existants dans le budget de l'exercice précédent) en cas d'absence d'accord budgétaire constitue "une fausse alternative".
Dès lors, "il y aura un budget voté le 31 décembre", a professé Yves Leterme.

Ce dernier et Elio Di Rupo s'étaient accordés fin septembre pour que le budget 2012 soit élaboré par les partis qui négocient la formation d'un nouveau gouvernement. Les six partis finalement concernés (PS-CD&V-MR-Open VLD- SP.A-CDH) se penchent sur ce dossier depuis plusieurs jours.

Mercredi soir, ils s'étaient accordés sur le chiffre de 11,3 milliards d'euros à trouver au fédéral pour maintenir le budget de l'État à 2,8 pc de déficit, comme le prévoit le Programme de stabilité transmis par la Belgique à l'Europe.

Ils tentent à présent, via des groupes de travail thématiques, de s'entendre sur les politiques à mener pour respecter cet objectif, avant une nouvelle réunion plénière programmée lundi après-midi, puis une série de réunions bilatérales.

Almaci: "Depuis que les Verts ne sont plus là il n'y a plus de progrès"

Sur le plateau de "De zevende dag" (VRT), la députée Open Vld Gwendolyn Rutten a estimé que les négociateurs avaient encore dix jours devant eux pour aboutir sur le budget, car "chaque jour qui passe fait grimper le chiffre des économies à réaliser".

Recourir aux douzièmes provisoires n'est pas une solution, a souligné le député régional John Crombez (SP.A).

"Ce serait un "très mauvais signal à l'Europe et aux marchés", a renchéri le député N-VA Jan Jambon. Ce dernier a plaidé, sur la RTBF et la VRT, pour une reprise en main du dossier par le gouvernement d'affaires courantes. Mais il n'a pas été suivi par les autres partis.

Le CD&V était partisan de cette formule il y a quelques mois encore, mais désormais, "la situation a tant évolué que ce n'est plus une option", a estimé Hendrik Bogaert (CD&V).

Son homologue de Groen! Meyrem Almaci a pour sa part jugé que depuis que les Verts avaient été écartés des débats, il y a trois semaines au terme des négociations sur la réforme de l'État, "aucun progrès n'a plus été enregistré".