Début du conclave budgétaire

Le formateur Elio Di Rupo et les 6 négociateurs fédéraux ont repris vendredi à 15 heures le chemin de la présidence de la Chambre pour y entamer le conclave budgétaire.

Le climat s'est quelque peu détérioré ces derniers jours et le bras de fer entre gauche et droite est évident. La crispation est particulièrement visible entre le MR et le PS, le premier reprochant au second de vouloir surtout s'attaquer à la classe moyenne et "aux gens qui travaillent". Le PS dit vouloir surtout un budget "juste" qui fasse contribuer davantage ceux qui possèdent plus.

Le formateur devrait présenter une proposition budgétaire chiffrée pour 2012, résultant du travail réalisé préalablement par les techniciens et des contacts bilatéraux des derniers jours. Les présidents de partis sont accompagnés chacun d'un représentant de son parti et de deux "sherpas" techniciens.

C'est ainsi que l'on a retrouvé vendredi dans les salles de la Chambre Laurette Onkelinx et Paul Magnette pour le PS, Wouter Beke et Servais Verherstraeten pour le CD&V, Charles Michel et Didier Reynders pour le MR, Vincent Van Quickenborne et Alexander De Croo pour Open VLD, Bruno Tobback et Johan Vande Lanotte pour le SP.A et Benoît Lutgen et Melchior Wathelet pour le CDH.

Trouver 11,3 milliards d'euros

Les données de base de l'exercice sont connues: pour limiter le déficit 2012 à 2,8% du PNB, il faudra trouver 11,3 milliards d'euros. Lors de leur arrivée à la présidence, les négociateurs ont répété leurs positions.

"Ne pas toucher à l'index"

La vice-première ministre PS Laurette Onkelinx a averti que ce n'est pas le moment de "rouler des mécaniques" et que le socialistes veulent un budget "juste", qui fasse en sorte que ceux qui ont plus participent plus à l'effort. Pour ce qui concerne de nouvelles mesures, elles doivent surtout aller à l'emploi et à la croissance.

Pas question pour le PS de toucher à l'index et au petit épargnant, a-t-elle dit, admettant par ailleurs que certaines mesures toucheront à des acquis sociaux.
Paul Magnette a souligné que chacun doit laisser ses tabous de côté.

Si le PS considère l'indexation automatique comme un tabou, cela n'a rien à voir avec le budget, estime-t-il. Il est aussi d'avis que les négociateurs doivent observer attentivement et suivre les recommandations européennes, pour autant qu'elles n'aient pas d'impact négatif sur la croissance et l'activité économique. L'important, c'est un budget limité à 2,8% de déficit. Le reste des recommandations peut servir de source d'inspiration mais ne doivent pas être considérées comme une bible, a-t-il dit.

Pour le SP.A, Bruno Tobback (photo) a aussi pris quelque distance avec les recommandations européennes. Pour lui, trois choses sont essentielles: les personnes qui travaillent doivent être dans la mesure du possible épargnées, aucune mesure ne peut être prise qui soit contraire à la croissance ou qui favorisent la pauvreté.

Charles Michel a insisté sur des mesures destinées à soutenir les classes moyennes et les "gens qui travaillent". Une volonté qu'il dit ne pas voir partagée par les partis de gauche assis à la table. Au MR, on affirme ne pas vouloir précipiter les choses et on refuse s'enfermer dans un calendrier qui consisterait à établir dès dimanche un budget 2012 qui ne serait pas assorti de mesures structurelles à plus long terme.

Beke: "Il y a urgence"

Elles concernent notamment les allocations de chômage (harmonisation des stages d'attente, règles plus strictes pour l'interruption de carrière...), les pensions, les soins de santé. Toutefois, on dit ne pas s'opposer à une augmentation de la rente nucléaire et ne pas vouloir toucher au principe de l'indexation, moyennant aménagements.
Les griefs adressés au PS ne manquent pas et notamment le manque de données chiffrée avancées jusqu'à présent par le formateur. Les libéraux lui reprochent aussi de vouloir s'en prendre aux épargnants, malgré les déclarations contraires faites par les socialistes.
"Le temps c'est de l'argent", a constaté Benoît Lutgen pour le CDH, ajoutant que l'on avait suffisamment perdu de temps dans une polémique digne du siècle passé et appelant tout un chacun à la raison. Le cdH sera intransigeant à propos de l'emploi et veut des mesures qui récompensent ceux qui travaillent et ceux qui font tout pour trouver un emploi.
Côté flamand, le président du CD&V Wouter Beke insiste sur l'urgence qu'il y a à confectionner le budget 2012.