Vers une conciliation sur le budget ?

Les 6 partis négociateurs et le formateur (photo principale) se sont retrouvés ce samedi à 10h, à la présidence de la Chambre, pour poursuivre le conclave budgétaire. Vendredi, les propositions d’Elio Di Rupo avaient rencontré la désapprobation d’Open VLD et du CD&V. Un compromis semblait encore loin.

Le formateur et les six partis politiques qui négocient en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral ont entamé ce vendredi, à 15h, le conclave budgétaire qui doit être décisif. Il doit permettre aux négociateurs de boucler ce week-end la confection du budget 2012, afin qu’Elio Di Rupo (PS) puisse mettre sur la table au plus tard en début de semaine prochaine une proposition détaillée et étayée de chiffres.

Si les négociateurs ne parviennent pas à s’entendre, il semble peu probable qu’ils parviennent encore à confectionner un budget d’ici la fin de l’année, qui puisse être approuvé par le Parlement avant le 31 décembre à minuit. Dans ce cas, la Belgique s’expose à des sanctions de la Commission européenne, qui a mis notre pays sur une « liste noire » pour n’avoir pas encore présenté des mesures d’économies.

Pendant la réunion de ce vendredi, le formateur a présenté trois documents concernant d’une part le budget 2012, mais aussi des éléments relatifs à 2013 et 2014. Le premier document concernait la réforme des pensions, le deuxième l’emploi et le troisième le budget. Selon l’agence de presse Belga, Elio Di Rupo propose de nouvelles mesures de soutien aux petits et moyens salaires, aux petites et moyennes entreprises et pour la création d’emploi. Il s’agirait de déplacer la fiscalité sur le travail vers une fiscalité sur le capital.

Pour 2012, le document évoquerait des économies de dépenses pour 34%, une augmentation des recettes représentant 34%, d’autres récupérations de 30% et 2% sur les charges d’intérêt. Un compromis entre les six partis semblait cependant encore loin vendredi. Pour les libéraux flamands de l’Open VLD, il est en effet impensable que les propositions actuelles puissent former la base d’un accord équilibré.

Tout comme le CD&V, les libéraux flamands estiment qu’Elio Di Rupo veut imposer trop de nouvelles taxations au lieu d’introduire davantage d’économies. Open VLD parle même d’un rapport 70/30% entre taxes et économies. Le parti mené par Alexander De Croo estime en outre que les propositions de mise au travail ne vont pas activer suffisamment de chômeurs. Open VLD réclame une limitation dans le temps des allocations d’attente et de chômage et une limitation plus nette des pensions anticipées.

Le PS, le SP.A, Open VLD, le MR, le CD&V et le CDH doivent trouver des économies à hauteur de 11,3 milliards d’euros pour parvenir à limiter le déficit budgétaire en 2012 à 2,8% du produit intérieur brut.