Leterme présentera lui-même un budget début décembre

Le Premier ministre démissionnaire met la pression sur les négociateurs. Il annonce qu’il présentera lui-même, début décembre, un budget de douzièmes provisoires, un système qui permet d'octroyer les moyens nécessaires au fonctionnement des départements fédéraux en période d'affaires courantes.

Alors que les partis autour de la table des négociations n'ont pas encore réussi à élaborer un budget, le gouvernement en affaires courantes présentera à la fin du mois de novembre ou début décembre un budget de douzièmes provisoires, annonce le Premier ministre Yves Leterme lundi dans Het Nieuwsblad et De Standaard.

"Si les négociations se prolongent ..."

"On peut déjà oublier l'idée que le parlement approuve encore un budget d'ici la fin de l'année. Le gouvernement en affaires courantes préparera dès lors lui-même un budget sur base des douzièmes provisoires. Mais nous devrons l'adapter: la croissance de l'année dernière n'était pas la même et le schéma de dépenses non plus", affirme Yves Leterme.

Si les négociations se prolongent, l'équipe gouvernementale démissionnaire étudiera aussi la possibilité, ou pas, d'exécuter déjà la réforme du marché de l'emploi et des pensions en période d'affaires courantes.

Le Premier ministre ajoute par ailleurs qu'il ne partira pas à l'OCDE avant que tout ne soit réglé en Belgique. "Si je dois risquer ma place à Paris pour cela, ainsi soit-il", dit-il.

Les négociations budgétaires doivent reprendre à 10h30 ce lundi à la présidence de la Chambre.

Tobback pense que le budget 2012 pourra être approuvé

Le président du SP.A, Bruno Tobback ne comprend pas pourquoi les négociateurs n’arriveraient pas à boucler, à temps,  le budget 2012, "du moins si tout le monde voulait abandonner son  terreau idéologique".

Pour le président du SP.A si cela traîne encore longtemps à la table des négociations, tout le monde finira par être touché. Selon lui confectionner un budget provisoire comme le propose Yves Leterme n’est pas une bonne solution.

De Wever: "A cause de Di Rupo, nous nous retrouvons au niveau de la Grèce"

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a rappelé sur la VRT radio l'importance à ses yeux des recommandations européennes, "qui sont difficiles, mais permettront de nous assainir".

Son parti, qui a refusé d'entrer en négociations en juillet dernier, veut aussi limiter à un tiers des efforts la part d'impôts nouveaux pour le budget 2012.
Mais selon Bart De Wever, le PS est "au coeur du problème" parce qu'il "pense que tout peut continuer à l'ancienne".
"Avec l'économie de la Flandre, nous aurions pu aisément suivre l'Allemagne, mais dans le contexte belge, nous nous retrouvons au rang de la Grèce, de l'Italie et de l'Espagne", a affirmé le leader nationaliste flamand.
Rappelant ses critiques envers un gouvernement qui ne disposerait pas d'une majorité néerlandophone à la Chambre, Bart De Wever a multiplié ses attaques envers le PS, qui à ses yeux soutient un "gouvernement des taxes". "Si l'on suit Di Rupo, on se jette dans la tempête de l'euro", a-t-il lancé.
Le président de la N-VA estime que le budget 2012 doit être voté pour le 15 décembre, mais juge impossible de tenir cette date en respectant le travail parlementaire.