Arco aussi victime de la débâcle Dexia

Francine Swiggers, la présidente du comité de direction du groupe Arco - bras financier du mouvement ouvrier chrétien et l’un des principaux actionnaires de Dexia - a confirmé ce mercredi à la VRT que le holding projette de liquider trois de ses sociétés : Arcofin, Arcopar et Arcoplus. La décision fait suite aux pertes importantes subies dans la foulée du démantèlement de Dexia. La facture pourrait être salée pour le gouvernement fédéral.

Le conseil d’administration d’Arcofin, une société du holding Arco qui est l’un des principaux actionnaires du bancassureur Dexia, s’est réuni ce mardi soir. Ceux des sociétés Arcopar et Arcoplus devaient se réunir ce mercredi pour discuter de la liquidation, au moins partielle, du groupe. Cette liquidation devra cependant encore être approuvée par les coopérateurs d’Arco, lors d’une assemblée générale en décembre prochain.

La décision de liquidation s’explique par les pertes importantes subies par le holding dans la foulée du démantèlement de Dexia, dont Arco est l’un des principaux actionnaires. La liquidation sonnerait le glas des trois sociétés, mais donnerait au groupe du temps supplémentaire pour sauver autant de valeurs que possible.

Après le Holding Communal, le groupe Arco est le deuxième grand actionnaire de Dexia qui subit le contrecoup du démantèlement. Arco possède 13,8% du capital du Holding Dexia et avait participé en 2008 à la recapitalisation du groupe de bancassurance.

Francine Swiggers soulignait dans l’émission « De Ochtend » de la VRT, ce mercredi matin, que les quelque 800.000 coopérateurs particuliers des trois sociétés du groupe Arco ne seront pas touchés par la liquidation. Ils sont en effet couverts in extremis par une garantie de 100.000 euros par personne, comme les épargnants classiques. Chaque coopérateur ayant investi maximum 2.000 euros dans le groupe Arco, ils seront donc entièrement remboursés.

Ensemble, ils auraient investi un peu plus de 1,4 milliard d’euros dans le groupe. En cas de faillite, le gouvernement fédéral devrait les dédommager immédiatement avant de récupérer, ensuite, ce qui peut encore l’être. Selon les quotidiens financiers De Tijd et L’Echo, la facture pour l’Etat devrait ainsi frôler le milliard d’euros.

Le système de garantie n’est par contre pas valable pour le mouvement ouvrier chrétien et la Mutualité chrétienne, qui sont également actionnaires d’Arco. « Ils devront attendre la fin de la liquidation pour voir quels fonds ils pourraient éventuellement encore récupérer », explique Francine Swiggers. L’ampleur de leur perte n’est pas encore claire. « Mais le mouvement ouvrier chrétien est un grand actionnaire d’Arcofin, la société qui est la plus proche de Dexia ».

La liquidation des trois sociétés ne sonnerait pas le glas du groupe Arco. « A côté de notre pilier financier nous avons aussi encore notre holding industriel et commercial, Auxipar, ainsi qu’une série d’autres sociétés. Ils ont été légèrement contaminés, mais ne devront pas être liquidés », concluait Francine Swiggers.