Le Roi mène des consultations

Reçu en audience lundi soir au château de Ciergnon (photo principale), le président du PS Elio Di Rupo a demandé au souverain d’être déchargé de sa mission de formateur, à la suite de l’échec des négociations de dimanche au sujet de la confection du budget 2012. Albert II tient sa décision en suspens et reçoit ces mardi et mercredi à Ciergnon les présidents du CDH, du CD&V, du SP.A, du MR et d’Open VLD, ainsi que la vice-Première ministre Laurette Onkelinx pour le PS. Le Roi souligne la gravité de la situation et demande une résolution très rapide de la crise politique.

Le formateur Elio Di Rupo (PS) avait convié ce lundi à 14h30 les présidents des partis politiques qui négocient depuis des mois en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral pour une réunion qui aura finalement duré moins d’une heure. Elle faisait suite à la suspension chaotique, lundi à l’aube, des négociations au sujet du budget 2012. Les négociateurs s’étaient quittés sans perspective d’accord budgétaire, alors que les libéraux flamands d’Open VLD rejetaient comme "insuffisantes" de nouvelles propositions du formateur.

Elio Di Rupo (PS) avait affirmé à l’aube vouloir réfléchir à la situation, qu’il qualifiait de "dramatique". Au bout d’une bonne demi-heure de réunion avec les présidents de partis, peu avant 15h30, Elio Di Rupo quittait la présidence de la Chambre pour se rendre auprès du Roi Albert II (photo), qui séjourne actuellement au château de Ciergnon (province de Namur), où il se remet d’une petite opération au nez.

Comme l’avait appris la rédaction de la VRT, Elio Di Rupo a fait rapport au Roi du blocage des négociations budgétaires, sociales et économiques qui doivent mener à la formation d’un nouveau gouvernement et a demandé au souverain d’être déchargé de sa mission de formateur. Une mission dont l’avait chargé le souverain le 16 mai dernier, après que le président du CD&V, Wouter Beke, ait achevé sa mission de conciliation. Le Roi tient sa décision en suspens et entamait ce mardi à 10h des consultations avec les présidents des partis négociateurs.

Dans un communiqué du Palais, publié ce lundi soir, le Roi rappelait "la gravité de la situation actuelle" et soulignait "que la défense de l’intérêt général de tous les Belges et les échéances européennes nécessitent une résolution très rapide de la crise politique". Albert II appelait tous les négociateurs à réfléchir aux conséquences graves que pourrait avoir un échec des négociations budgétaires et "à rechercher activement une solution".

Les libéraux seront reçus en dernier

Le Roi a pris l’initiative de recevoir, dès ce mardi matin et jusqu’à mercredi, successivement les présidents des six partis politiques négociateurs (sauf Elio Di Rupo, qui sera remplacé par la ministre PS Laurette Onkelinx), au château de Ciergnon. Le souverain souhaite débloquer au plus vite l’impasse politique et relancer les négociations budgétaires, alors que la Belgique doit présenter d’ici la mi-décembre à la Commission européenne un budget 2012 approuvé par le Parlement.

C’est le président du CDH, Benoît Lutgen (photo), qui était attendu en premier, à 10h, à Ciergnon. Il devait être suivi, vers 11h, par le président des libéraux flamands, Bruno Tobback. Les entretiens du Roi avec ces deux personnalités ont cependant duré plus longtemps que planifié.

Vers 14h, c’est le président des démocrates-chrétiens flamands, Wouter Beke, qui était reçu par le Roi, suivi dans l'après-midi par la vice-Première ministre Laurette Onkelinx, qui négocie au nom du PS.

Les libéraux francophones et flamands du MR et d’Open VLD, pointés du doigt par les quatre partis précédents comme étant à la base du blocage des négociations, seront reçus en dernier lieu par Albert II. Leur président respectif, Charles Michel et Alexander De Croo, seront attendus ce mercredi à Ciergnon, respectivement à 10h30 et 11h30.

On s'attend à ce que le Roi fasse lui aussi pression sur les libéraux, et notamment sur l'Open VLD, pour sortir rapidement de la crise politique.