Pas d’imposition des retraites d’ex-travailleurs forcés

Les étrangers qui ont été forcés de travailler en Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale ne doivent pas payer d’impôts sur leurs rentes. Les lettres adressées récemment à certains Belges anciens travailleurs forcés, leur demandant de s’acquitter d’impôts sur les rentes touchées, étaient une erreur affirme le gouvernement allemand.

Samedi dernier, les journaux Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg avaient révélé que le service fédéral belge des Pensions avait déjà reçu des dizaines de plaintes d'anciens travailleurs forcés belges ou de leurs proches. Ils avaient reçu ces dernières semaines une lettre d’un bureau de taxation de l’état allemand de Brandenbourg leur demandant de s’acquitter d’impôts - parfois plusieurs centaines d’euros - sur des rentes perçues en compensation du travail forcé effectué en Allemagne.

Selon la lettre, le parlement allemand a approuvé, en automne 2010, une loi fixant à 17% le taux d'imposition sur les pensions des travailleurs forcés. Cette demande d'impôts est rétroactive et a été calculée pour les pensions perçues à partir de 2005.

Le ministre des Finances démissionnaire, Didier Reynders (photo), avait dénoncé dimanche une décision « moralement indéfendable » de la part du fisc allemand. Il avait chargé ses services administratifs de prendre contact avec leurs collègues allemands.

"Entretemps, l’ambassade allemande à Berlin a indiqué que cette taxation était une erreur et qu’elle serait annulée pour tous les étrangers. Une négociation diplomatique n’est donc plus nécessaire. L’affaire est close", indiquent les Affaires Etrangères.
Ce lundi, le gouvernement allemand avait annoncé que les rentes touchées par certains travailleurs forcés sous le nazisme seraient bientôt rendues rétroactivement non imposables. "Il y a un texte qui doit passer le 25 novembre au Bundesrat (chambre haute du Parlement, dlr.) et qui rendra ces sommes non imposables rétroactivement", avait indiqué le ministère allemand des Finances, précisant que le problème touchait 25.000 personnes dans le monde, et donc pas seulement des Belges.