Leterme aussi travaille au budget 2012

Le Premier ministre en affaires courantes Yves Leterme (CD&V, photo principale) présente ce jeudi au comité ministériel restreint une série de mesures en vue du budget de l’an prochain. Ces propositions pourraient être votées au Parlement dans deux semaines, si les six partis politiques négociateurs et le formateur ne parvenaient pas à s’entendre à temps sur le budget 2012 et des réformes socio-économiques.

La hausse rapide des taux d’intérêts à 10 ans (montés jusqu’à 5,5% ce mercredi) et le blocage des négociations en vue de la confection du budget 2012 ont incité le Premier ministre du gouvernement en affaires courantes, Yves Leterme (CD&V), à prendre des mesures. « Les observateurs internationaux demandent des preuves que la Belgique peut continuer à respecter le programme de stabilité. Notre pays est l’un des meilleurs élèves de la classe européenne, mais a maintenant traîné très longtemps à présenter son budget pour l’an prochain », explique Leterme.

En concertation avec le formateur Elio Di Rupo, le Premier ministre démissionnaire avait donc convoqué un conseil ministériel restreint pour ce jeudi matin, dans le but de lui présenter « dans le concept des affaires courantes » une série de mesures en vue du budget 2012. « S’il ne sort aucun résultat des discussions budgétaires, il faudra voir en concertation avec les partis qui négocient de quelle manière nous pouvons faire en sorte que notre pays puisse avoir un budget à temps, qui réponde aux critères européens et surtout aux marchés financiers », expliquait Yves Leterme à la VRT. Les mesures proposées par le gouvernement en affaires courantes pourraient alors être soumises au Parlement (photo) endéans les quinze jours.

Le comité ministériel restreint devait ainsi se pencher ce jeudi notamment sur la loi de finances, ainsi que sur des projets de loi relatifs aux douzièmes provisoires, à la rente nucléaire et au prélèvement sur le secteur pharmaceutique. En concertation avec le ministre du Budget, Guy Vanhengel, le Premier ministre voulait également présenter quelques autres propositions aux principaux ministres ce jeudi.

« Nous voulons bien entendu donner autant d’espace que possible aux négociateurs, mais nous voulons aussi apporter notre aide en élaborant nous-mêmes une série de mesures, en les transposant en textes de loi, afin de pouvoir les présenter à temps au Conseil d’Etat et ensuite au Parlement. J’estime qu’il est de mon devoir et de ma responsabilité de ne pas rester passif », concluait Yves Leterme.

Les textes de loi pourront être proposés dans 10 à 15 jours au Parlement. D’ici là, il devrait être clair si les négociateurs ont pu s’entendre sur leurs propres propositions.

Appel à la capacité d’épargne des Belges

Face à la flambée des taux d’intérêts à 10 ans, le Premier ministre Yves Leterme a demandé à l’Agence de la dette d’activer un emprunt d’Etat de 4% sur 5 ans, dont la souscription débutait ce jeudi. « Vu les difficultés sur les marchés financiers, nous voulons davantage faire appel à la capacité d’épargne des Belges pour financer la dette », explique Leterme.

Le gouvernement fédéral en affaires courantes veut donner une publicité particulière à cette souscription. Ces dernières années, « cela n’avait pas de sens de faire autant de publicité car le rendement des bons n’était pas très attrayant », explique Jean Deboutte de l’Agence de la dette. « Mais aujourd’hui, les intérêts sont plus confortables », avec 4% au lieu de 3% pour l’emprunt précédent.

Les emprunts précédents avaient rapporté entre 70 et 80 millions d’euros. « Cette fois-ci, nous espérons obtenir un multiple de cette somme », précise Deboutte.

Après le succès des bons d’Etat dans les années 1990, l’Etat belge avait perdu l’habitude de se financer auprès des particuliers. L’encours des bons d’Etat n’atteint aujourd’hui que 4 milliards d’euros, soit à peine plus de 1% de la dette publique, commente le quotidien Le Soir.