"L’agitation sociale est inévitable"

Tout comme le syndicat libéral CGSLB, les syndicats chrétien CSC et socialiste FGTB rejettent l’accord budgétaire conclu ce samedi, après 19 heures de discussions, par les six partis qui négocient depuis des mois en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral, sous la conduite du formateur Elio Di Rupo. Ils le jugent inéquitable, estimant que les travailleurs et les personnes bénéficiant d’allocations sociales devront livrer trop d’efforts d’économies.

Interviewés ce dimanche matin dans l’émission « De Ochtend » de la VRT, les présidents du syndicat chrétien Marc Leemans et du syndicat socialiste Rudy De Leeuw (photo) ont réitéré l’inquiétude des travailleurs face aux accords budgétaires. « Nous ne devons même pas appeler nos affiliés à venir manifester le 2 décembre. L’agitation sociale est inévitable », ont-ils affirmé.

Selon Rudy De Leeuw, « il s’agit d’un budget inéquitable réalisé sous la pression des marchés financiers ». D’après lui, les plus gros efforts devront être supportés par les plus faibles, parce que l’accord touche notamment aux allocations d’attente pour les jeunes chômeurs. « Par ailleurs, en augmentant l’âge de la prépension et la retraite anticipée, on fait comme si l’espérance de vie allait soudainement aussi augmenter de quatre ans », commente le socialiste.

Le président de la CSC, Marc Leemans (photo), parle lui aussi d’une « répartition inégale » des efforts. Sur les ondes de la VRT, il a fait la comparaison avec un avion dans lequel une dispute est en cours dans le cockpit et qui finit par s’écraser parce que le « pilote bleu » a tiré les commandes. « La classe business s’en sort à peu près indemne, mais on compte de nombreux blessés dans la classe économique ».

Leemans estime que les travailleurs et les personnes qui bénéficient d’allocations sociales devront supporter une part trop importante de charges par rapport aux autres groupes de la population. Tout comme le syndicat libéral, les syndicats socialiste et chrétien maintiennent leur appel à manifester le 2 décembre à Bruxelles.