"La crise politique ne doit tourner en agitation sociale"

Les organisations patronales FEB, Unizo et Voka se disent modérément satisfaites du projet d’accord budgétaire conclu samedi par les six partis politiques négociateurs. Elles veulent maintenant surtout voir l’accord rapidement mis en œuvre par un nouveau gouvernement. D’autre part, elles mettent les syndicats en garde contre les conséquences négatives d’une manifestation nationale.

L’émission « De Ochtend » de ce dimanche matin, sur la première chaîne radio de la VRT, avait invité non seulement les présidents des syndicats chrétien et socialiste, mais aussi le président de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Rudy Thomaes, et Karel Van Eetvelt, l’administrateur-délégué de l’Unizo, l’Union flamande des entrepreneurs indépendants.

Thomaes (photo) et Van Eetvelt affirment être soulagés qu’un accord ait pu être conclu sur le budget, et estiment que cet accord est défendable. Ils exigent cependant que le futur nouveau gouvernement fédéral mette effectivement en œuvre les mesures prévues.

Pour Rudy Thomaes, l’accord budgétaire ne lève cependant pas tous les problèmes. Il estime ainsi que la compétitivité de la Belgique et la part de marché de nos entreprises continueront à diminuer. Il souhaite donc que soient à nouveau discutés l’indexation automatique des salaires et les lourdes charges salariales.

Le patron de la FEB contredit les syndicats, affirmant que ce ne sont pas les travailleurs qui devront payer la plus lourde facture des économies à réaliser. Selon lui, les négociateurs ont veillé à ce qu’il y ait un « niveau égal d’insatisfaction » et que chacun doive contribuer aux économies nécessaires. Ainsi, les membres cadres devront aussi faire des sacrifices, notamment en matière de voitures de société.

Rudy Thomaes met les syndicats en garde, affirmant que notre pays en crise politique ne peut se permettre une longue période de protestations sociales. Ces dernières risqueraient, selon lui, de mettre encore davantage sous pression notre croissance économique et de limiter la création de nouveaux emplois.

Unizo et Voka s’opposent à la manifestation

Karel Van Eetvelt (photo), l’administrateur-délégué de l’Unizo, l’Union flamande des indépendants, souligne pour sa part que les mesures budgétaires affecteront aussi les entrepreneurs. Ces derniers sentiront aussi l’effet des nouvelles taxations, alors que les coûts salariaux ne feront qu’augmenter. Van Eetvelt affirme que les entrepreneurs ne peuvent faire grève, contrairement aux travailleurs, parce que leurs économies sont investies dans leur entreprise. Et ils ne peuvent bénéficier d’une sécurité sociale comparable à celle des travailleurs. Et de rappeler que beaucoup d’entreprises ont actuellement déjà de grosses difficultés financières.

Même s’il dispose d’un budget 2012, notre pays sera encore toujours observé de près par les marchés financiers, met en garde le patron d’Unizo. Il estime donc que la Belgique ne peut se permettre une période de protestations sociales.

Quant au président du Voka, le réseau d’entreprises flamand, Luc De Bruyckere, il appelle les syndicats à montrer leur « sens des responsabilités » et à annuler la manifestation prévue pour vendredi prochain. Selon lui, « il serait irresponsable de créer à nouveau une incertitude avec pareille action ».