L’Europe salue l’accord budgétaire belge

Le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn (photo principale) ont salué l’accord conclu par les 6 partis négociateurs et le formateur Elio Di Rupo. Ce mardi, le ministre belge des Finances, Didier Reynders, avait présenté à ses homologues de la zone euro les grandes lignes de l’accord. Entretemps, les taux belges d’intérêts à 10 ans poursuivent leur lente baisse et la récente émission de bons d’Etat a déjà rapporté 2 milliards d’euros.

Les ministres des Finances de la zone euro ont débattu ce mardi soir à Bruxelles des pistes qui doivent permettre de porter de 440 à 1.000 milliards d’euros la capacité de financement de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF), afin que cette dernière ait des moyens suffisants pour venir en aide aux pays membres en difficultés financières. Les chefs d’Etat et de gouvernement s’étaient mis d’accord le 27 octobre sur cette augmentation de capacité.

Le ministre belge des Finances démissionnaire, Didier Reynders (MR, photo), a quant à lui défendu « un mécanisme aussi large que possible » pour doter la FESF de moyens suffisants. Il a aussi eu l’occasion, au cours de cette réunion, de présenter à ses homologue de la zone euro les principaux éléments de l’accord budgétaire belge pour 2012 conclu lundi par les représentants des six formations politiques qui négocient depuis des mois en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.

L’accord doit notamment permettre de ramener l’an prochain le déficit budgétaire à 2,8% du produit intérieur brut, sur base d’une hypothèse de croissance de 0,8%.

Le président de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, et le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, ont alors salué l’accord budgétaire conclu par les négociateurs belges. « Nous avons exprimé un avis positif sur les différents éléments du programme. Nous sommes contents que la Belgique soit enfin en mesure de faire face à ce qu’on attend d’elle », a déclaré Jean-Claude Juncker.

« Nous saluons l’accord sur le budget qui permet à la Belgique de réduire son déficit en 2012 à 2,8% du PIB », déclarait pour sa part Olli Rehn. Le commissaire européen aux Affaires économiques veut néanmoins étudier en profondeur les détails de l’accord avant de donner son appréciation définitive. Il rencontrera aussi le formateur Elio Di Rupo (photo) pour obtenir davantage de détails sur le budget et les réformes socio-économiques.

La réunion entre Rehn et Di Rupo était prévue pour ce mercredi, mais elle a dû être reportée pour des raisons d’agenda. Le commissaire est en effet attendu au Parlement européen. Di Rupo s’entretiendra par contre ce mercredi vers 14h15, pendant une heure, avec François Hollande, le candidat du parti socialiste français aux élections présidentielles de 2012. Pour ce faire, le formateur interrompra brièvement les discussions entre les négociateurs des 6 partis, qui devaient reprendre à midi.

Les taux belges baissent lentement

Entretemps, le taux belge à 10 ans poursuit sa lente baisse, après avoir atteint la semaine dernière près de 6%. Ce mardi soir, il se situait à 5,32%, ce qui signifie que la Belgique devrait pouvoir emprunter sur les marchés internationaux à des taux légèrement plus intéressants.

La différence de taux - ou spread - avec l’Allemagne est ainsi retombée sous les 300 points de base. Il semble que les marchés soient légèrement remis en confiance par l’accord des négociateurs sur le budget 2012.

D’autre part, la souscription de la dernière émission de bons d’Etat de l’année, lancée la semaine dernière par le Premier ministre Yves Leterme, a déjà permis de récolter plus de 2 milliards d’euros. La souscription est ouverte jusqu’au 2 décembre.

Les intérêts pour cette dernière émission sont fixés à 3,5% pour le bon d’Etat à 3 ans, 4% pour le bon à 5 ans et 4,2% pour le bon à 8 ans - il s’agit des taux les plus élevés depuis 3 ans. Pour comparaison, les deux dernières émissions de bons d’Etat avaient permis de lever respectivement 87 millions et 77,1 millions d’euros.