"L’austérité n’est pas la solution"

Entre 60.000 et 80.000 manifestants ont défilé ce vendredi matin dans les rues de Bruxelles pour dénoncer les mesures d’austérité du futur gouvernement. Les leaders des trois grands syndicats du pays ont dénoncé ces économies budgétaires et demandé une régulation des marchés financiers.

Alors que le cortège de militants syndicaux a démarré vers 10h30, des dizaines de milliers de militants débarquaient encore vers 10H45.

Une marée humaine rouge, verte et bleue, composée de milliers de militants syndicaux de la FGTB, CSC et CGSLB, a ainsi quitté la gare du Nord de Bruxelles, après le discours des leaders syndicaux.

Selon les estimations, ils étaient entre 60.000 et 80.000 à prendre la route en direction de la gare du midi. Le cortège est passé par le boulevard Jacqmain, la place De Brouckère, les boulevards Anspach et Lemonnier.

"Notre modèle social n'est pas à vendre"

Cette manifestation nationale est organisée en front commun syndical pour dénoncer les mesures d'austérité du futur gouvernement. Avant le départ du cortège, les leaders syndicaux Rudy De Leeuw (FGTB), Luc Cortebeek (CSC), Anne Demelenne (FGTB), Claude Rolin (CSC) et Jan Vercamst (CGSLB) ont dénoncé dans leurs discours les mesures d'austérité du futur gouvernement.

Ils ont par ailleurs demandé une régulation des marchés financiers. "Notre modèle social n'est pas à vendre", a déclaré Anne Demelenne. "L'austérité n'est pas la solution", a souligné Claude Rolin.

La secrétaire générale de la FGTB a pointé du doigt les banquiers et les spéculateurs, à l'origine selon elle du "chaos financier". "A quand la régulation des banques ? Faudra-t-il vivre une autre catastrophe comme celle de Dexia pour réagir? ".

Anne Demelenne a également dénoncé le fait que ce sont les plus fragilisés qui sont principalement victimes de la crise. "Au lieu de rendre les allocations de chômage dégressives, il faudrait dégraisser les bonus des traders et les dividendes aux actionnaires. Au lieu d'allonger la carrière, de toucher à nos prépensions, il faudrait accélérer l'entrée des jeunes, des femmes au travail en leur proposant des emplois", a-t-elle déclaré.

La secrétaire générale de la FGTB estime qu'"il est temps de faire une grande réforme fiscale dans ce pays" et elle a prévenu que les syndicats poursuivraient leur mobilisation.

Même type de discours du côté de Claude Rolin, le secrétaire national de la CSC. "L'austérité n'est pas la solution", "C'est par la solidarité et la relance économique durable centrée sur l'emploi, que nous sortirons de la crise", a-t-il lancé. "Les négociateurs ont entendu la voix des marchés. Aujourd'hui, ils doivent entendre la voix de la rue".

Pour la CSC, "l'accord budgétaire qui a été négocié, n'est ni équilibré, ni socialement juste", a encore déclaré Claude Rolin.