Les six partis participent au gouvernement

Réunis à leur tour ce dimanche en congrès, les démocrates-chrétiens et les libéraux flamands (photo principale) ainsi que les socialistes francophones ont approuvé à la quasi-unanimité l’accord de gouvernement et leur participation à la nouvelle coalition fédérale. Tout comme le SP.A, le MR et le CDH l’avaient déjà fait la veille. Les négociateurs des 6 partis politiques se retrouvaient ce dimanche dès 17h30 pour discuter de l’attribution des portefeuilles ministériels.

Quelque 660 militants du CD&V étaient réunis ce dimanche matin à Louvain (Brabant flamand) en congrès de participation. A la quasi-unanimité (moins 2 contre et 3 abstentions), les démocrates-chrétiens flamands ont approuvé l’accord de gouvernement concrétisé jeudi dernier par les 6 partis négociateurs et donné ainsi leur fiat à leur participation à la nouvelle coalition tripartite.

Le président du CD&V, Wouter Beke (photo), s’est félicité des accords engrangés par les négociateurs, comme notamment la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, la nouvelle loi de financement qui offrira davantage d’autonomie fiscale à la Flandre, des compétences accrues pour les entités fédérées et une solidarité plus transparente entre les Régions.

Alors que devant l’entrée du congrès, des nationalistes flamands avaient manifesté contre ce qu’ils qualifient une scission partielle et non claire de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, mais aussi l’absence de transfert des allocations familiales et un renforcement des Régions au détriment des Communautés, Wouter Beke a reçu une ovation pendant le congrès pour son travail à la table des négociations.

Le président du CD&V a souligné qu’avec l’accord de gouvernement, qui est nécessaire, juste et raisonnable, son parti réalise le programme de 2007 du cartel qu’il formait alors avec la N-VA nationaliste.

"C’est le chemin qui nous fera sortir de la crise"

Rassemblés pour leur part à Bruxelles, quelque 600 militants libéraux flamands ont également apporté leur soutien à l’accord de gouvernement à une écrasante majorité (moins 2 voix contre et 2 abstentions).

« N’avons-nous pas assez de l’immobilisme et du blocage de ces 538 derniers jours ? Si nous voulons guider notre pays hors de la crise, nous allons devoir tous y travailler. Jeunes et vieux, travailleurs et employeurs, indépendants et fonctionnaires, Flamands et Wallons, libéraux et socialistes », avait déclaré juste avant le président d’Open VLD, Alexander De Croo, pour encourager les militants à apporter leur soutien à l’accord de gouvernement.

De Croo a estimé que « grâce aux libéraux, nous nous sommes engagés sur la voie qui nous conduira hors de la crise. Nous devons maintenant faire voter le budget 2012 au Parlement et éviter de devoir travailler avec des douzièmes provisoires ». Et d’ajouter que le plus important pour le nouveau gouvernement serait de mettre en pratique au plus vite les décisions comprises dans l’accord.

"Rester vigilants pour protéger les plus fragiles"

Près de 1.000 militants participaient ce dimanche matin au congrès du PS, au bâtiment Flagey à Bruxelles. Et, comme les militants des cinq autres partis négociateurs, ils ont approuvé à la quasi-unanimité (moins 1 contre et 2 abstentions) l’accord de gouvernement et leur participation à la prochaine coalition fédérale.

Un certain nombre de militants ont néanmoins laissé entendre que l’accord n’était « pas assez rouge et pas assez progressiste » à leur goût. « Mais je ne vais pas critiquer : ils ont sauvé la Belgique. J’espère que les citoyens le comprendront », déclarait d’autres.

A son arrivée au congrès, le président du parti et formateur Elio Di Rupo était visiblement surpris et ému de l’affluence et des applaudissements nourris qu’il a reçu. La discussion sur l’accord s’est passée à huis-clos.

La ministre démissionnaire Laurette Onkelinx, qui a mené les négociations au nom du PS, a souligné l’effort fourni par son parti lors des discussions pour sauvegarder l’avenir de la sécurité sociale, maintenir l‘indexation automatique des salaires et l’âge légal de la pension, renforcer la fiscalité sur le capital ou encore réguler le monde de la finance. Et de conclure que, dans le gouvernement fédéral, « il nous faudra être vigilants et imaginatifs, résolus à défendre un modèle de société qui protège les plus fragiles ».

Les ministres bientôt connus?

Tout comme le SP.A, le MR et le CDH, qui tenaient leur congrès de participation samedi déjà, le CD&V, Open VLD et le PS se sont refusés ce dimanche matin à donner la moindre indication à propos d’éventuels postes de ministres.

Les négociateurs des six partis et le formateur Elio Di Rupo (photo), appelé à devenir Premier ministre, se retrouvaient en effet ce dimanche dès 17h30 pour discuter de l’attribution des portefeuilles ministériels.

La discussion pourrait encore être longue, mais Elio Di Rupo souhaiterait l'achever ce dimanche soir ou dans la nuit de dimanche à lundi. Il espère en effet que la nouvelle équipe puisse prêter serment déjà ce lundi entre les mains du Roi Albert II.