Pensions:"il existe un espace de dialogue"

Le ministre des Pensions, Vincent Van Quickenborne, rencontrera mercredi en fin de journée les syndicats du secteur public et de la SNCB sur la réforme des pensions, pour leur affirmer qu'une concertation sociale reste possible dans la mise en oeuvre de cette réforme. Cette rencontre s’effectue alors qu’une grève générale se profile ce jeudi.

"Il existe un espace pour mener avec respect le dialogue social dans les jours et les semaines qui viennent, sur les arrêtés d'exécution et les mesures transitoires" au projet de loi qui doit passer à la Chambre en fin de semaine, a assuré Vincent Van Quickenborne (Open VLD), à son arrivée à un comité ministériel restreint (kern) du gouvernement Di Rupo.

"Mais bloquer le pays n'est pas une solution", a-t-il ajouté, à la veille d'une manifestation nationale du secteur public contre le projet de réforme des pensions du gouvernement.

Soutenant une réforme "nécessaire pour renforcer le système social des pensions", il s'est défendu d'avoir été trop vite en besogne ou d'avoir négligé le dialogue avec les syndicats. "Qu'est-ce qui a été mal fait? Le texte est passé en gouvernement la semaine dernière, au parlement jeudi (en commission des Affaires sociales, ndlr), il était dans la presse vendredi, les syndicats ont été rencontrés vendredi et lundi, ils le sont encore ce matin et ce soir", a énuméré M. Van Quickenborne, rappelant l'urgence de mesures à prendre avant la fin de l'année et l'exécution de l'accord du gouvernement.

Un problème de timing?

La presse se faisait l'écho mercredi matin de critiques tant francophones que flamandes provenant du gouvernement même à l'égard de la méthode Van Quickenborne. 'De Standaard' évoquait ainsi le malaise de certains ministres face à sa "communication défaillante" ou l'annonce de prochaines étapes pour arriver à un régime harmonisé de pensions.

La vice-Première ministre Joëlle Milquet (cdH) a déploré la rapidité inattendue de la réforme des pensions et un problème de timing des principaux ministres du gouvernement, dont l'agenda a été monopolisé la semaine dernière par la tuerie de Liège.

A son arrivée au kern, Mme Milquet a d'ailleurs insisté sur les mesures qui doivent encore faire l'objet d'une concertation sociale. "Une série de mesures doivent être prises pour le 1er janvier, mais d'autres - les plus importantes - doivent mises en oeuvre via des arrêtés royaux pour lesquels nous prendrons le temps de la concertation; il s'agira de prévoir les dérogations, adaptations et phases transitoires nécessaires", a-t-elle commenté. Le projet de loi n'envisage que les "grandes lignes, mais pas les choses plus délicates, tout ce qui semble fâcher", a-t-elle ajouté.

La grève, "un pas de trop"

De son côté, la vice-Première ministre Laurette Onkelinx (PS) a dit "comprendre les travailleurs" et a appelé à la relance de la concertation sociale. Elle n'en a pas moins souligné la nécessité de prendre des mesures dans une situation "très difficile".

Le ton était plus ferme dans le chef de son homologue du CD&V, Steven Vanackere, qui considère que la grève de jeudi constitue "un pas de trop". "L'outil de la grève n'est pas un instrument réaliste", a-t-il tranché.

Quant au vice-Premier ministre Didier Reynders (MR), il a défendu M. Van Quickenborne - qui "exécute l'accord de gouvernement" - et reconnu la marge existante sur les mesures d'exécution - "il y a encore des calculs à opérer dans les arrêtés royaux". Mais il a également élargi le débat de la concertation sociale à l'ensemble des problématiques. "Beaucoup d'autres mesures que les pensions sont actuellement en débat au parlement", a-t-il relevé.