"L’accord de gouvernement doit être exécuté"

Les syndicats se sont entretenus ce jeudi avec la ministre de l’Emploi Monica De Coninck (SP.A, photo principale) et le ministre des Pensions Vincent Van Quickenborne (Open VLD). Ils affirment cependant ne voir « aucune raison pour annuler la grève nationale » prévue pour le 30 janvier.

Une délégation des trois principaux syndicats a rencontré ce jeudi matin les ministres de l’Emploi et des Pensions, Monica De Coninck et Vincent Van Quickenborne, alors que le secteur public - et même quelques représentants du secteur privé - a répondu massivement à l’appel à la grève en protestation contre la réforme des pensions annoncée par le nouveau gouvernement fédéral. Une réforme que le ministre Van Quickenborne veut faire approuver cette semaine encore à la Chambre.

A la ministre de l’Emploi, les syndicats ont demandé de ne pas encore publier au Moniteur Belge les arrêtés royaux concernant les restrictions en matière de prépension et de crédit-temps. Il semble néanmoins que le gouvernement Di Rupo ne veuille pas se plier à cette demande. Monica De Coninck (SP.A) a en effet indiqué « comprendre que plusieurs points sont difficiles, mais l’accord de gouvernement doit être exécuté ». Elle a affirmé n’avoir rien promis aux syndicats, mais s’est dit prête à la concertation sociale.

Les délégations syndicales se sont ensuite rendues au cabinet du ministre des Pensions, Vincent Van Quickenborne (photo), qui fait depuis plusieurs jours l’objet de toutes les critiques des syndicats. Au micro d’une radio francophone privée, le ministre avait indiqué ce jeudi matin que « les plans de réforme des pensions sont soutenus par l’ensemble du gouvernement, y compris le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) ».

Van Quickenborne a également expliqué aux syndicats pourquoi l’adoption de la réforme devait se faire le plus rapidement possible. « D’autres pays ont mené à bien des réformes semblables. Elle est prévue dans l’accord de gouvernement et si les textes ne sont pas approuvés cette semaine encore au Parlement, nous perdrons un an ». Le ministre des Pensions souligne aussi vouloir « recommencer » en janvier avec une « bonne » concertation sociale.

Les syndicats ont en effet reproché au ministre de ne pas les avoir d’abord concertés, comme annoncé, avant de procéder au vote des réformes au Parlement. « C’est mettre la charrue avant les bœufs. Il est généralement prévu d’amorcer d’abord la concertation », a réagi Eddy Van Lancker du syndicat socialiste ABVV. Il ne voit donc pas de raison de lever le préavis de grève nationale du 30 janvier prochain. D'autres actions, grèves et manifestations pourraient aussi être organisées.

« Les syndicats doivent jouer leur rôle et nous le nôtre », a alors réagi la ministre Monica De Coninck, soulignant cependant qu’elle est prête à travailler à une concertation sociale. Les syndicats rencontraient aussi dans l'après-midi le Premier ministre Elio Di Rupo et les principaux ministres du gouvernement fédéral.