Hausse du prix de la bière: Vande Lanotte veut une enquête

Le brasseur AB Inbev augmentera dès le 1er mars 2012 le prix de ses bacs et canettes de bières vendues aux grossistes et supermarchés d'en moyenne 6%. Alken-Maes imitera son concurrent à partir du 12 mars. Une augmentation des fûts vendus au secteur horeca pourrait suivre, mais les deux brasseurs n'ont pas encore pris de décision à ce sujet, indiquent-ils mardi.

L'augmentation de 6% est supérieure à l'inflation, "mais la hausse de prix appliquée en 2011 était inférieure à l'inflation", nuance Karen Couck d'AB Inbev.

Hausse du prix des matières premières

En outre, il faut replacer cette hausse dans son contexte, poursuit la porte-parole. "Les prix des matières premières telles que le maïs, les céréales et le blé ont grimpé de 15 à 45% en un an, soit les hausses les plus importantes jamais enregistrées." Les prix de l'énergie et des matériaux d'emballage ont également augmenté. Enfin, il faut tenir compte de l'indexation des salaires, ajoute Mme Couck.
Les précédentes adaptations de prix d'AB Inbev et Alken Maes datent de juin 2011. La hausse avait été de 3%.
 

Test-Achats favorable à une enquête

La hausse simultanée du prix de la bière décidée par AB Inbev et Alken Maes pourrait mener à l'ouverture d'une enquête par les autorités de la concurrence, selon Test-Achats.
 

La loi n'interdit pas seulement à des entreprises de s'entendre pour fixer des prix, rappelle Ivo Mechels de Test-Achats. Elle interdit également les accords mutuels, explique le porte-parole de l'organisation de défense des consommateurs. "Il revient aux autorités d'apporter la preuve de ces éventuels accords."
Ivo Mechels craint par ailleurs que les supermarchés et grossistes répercutent la hausse sur les clients.

Vande Lanotte demandera une enquête au Conseil de la concurrence

Le ministre de l'Economie Johan Vande Lanotte va demander au Conseil de la concurrence de se pencher sur la prochaine hausse des prix de la bière. Le ministre examinera également en janvier si cette institution ne doit pas recevoir davantage de compétences, a fait savoir son cabinet mercredi.
Du côté du ministre de l'Économie, on constate que c'est déjà la troisième ou quatrième hausse de prix en peu de temps et que plusieurs enquêtes menées auparavant par le Conseil de la concurrence n'ont rien donné. "Nous nous trouvons devant un système bancal pour garantir le fonctionnement du marché", souligne une porte-parole du ministre. C'est pourquoi M. Vande Lanotte entend examiner, dans le courant de janvier, comment le Conseil de la concurrence pourrait être mieux organisé.