"La Flandre doit faire plus d'économies"

Selon le ministre-président Kris Peeters (CD&V), interrogés par les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad, les 250 millions d’euros de provision prévus par le gouvernement flamand ne seront vraisemblablement pas suffisants pour combler le déficit qui risque d’apparaître lors du contrôle budgétaire anticipé de février.

Dans leurs discours de Nouvel An, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont exprimé leur inquiétude face à la situation financière de leur pays respectif. Dans une interview accordée ce lundi aux quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) dit craindre lui aussi une situation financière précaire pour sa Région. Le gouvernement flamand a en effet clôturé l’année 2011 avec un excédent budgétaire estimé à près de 97 millions d’euros, mais ceci n’a été possible que grâce à de gros efforts financiers. Et la situation ne devrait pas changer ces prochains mois, estime Kris Peeters.

« Notre ambition reste de terminer chaque année avec un budget en équilibre. Nous avions espéré pouvoir renverser la situation en 2011 et pouvoir réaliser un excédent budgétaire plus important, afin de naviguer dans des eaux plus sûres, mais la crise de l’euro notamment en a décidé autrement ».

Selon Peeters, il est très probable que les 250 millions d’euros de provision prévus par le gouvernement flamand ne seront pas suffisants pour combler le déficit qui risque de devenir apparent lors du contrôle budgétaire anticipé, prévu pour le mois de février. « Ce contrôle nous permettra de savoir quel montant nous devons exactement économiser. Mais la situation n’est pas rose ».

Le ministre-président prévoit un déficit de l’ordre de 200 à 500 millions d’euros. « La Flandre doit donc s’attendre à un nouveau chapitre d’économies ». Selon Kris Peeters, « pour boucher le trou budgétaire, des interventions lourdes seront nécessaires. Il faudra en revenir à la politique anti-crise de 2009 ». Certains ministres ressentiront les économies davantage que d’autres.

Kris Peeters souligne que certains domaines devront être davantage protégés que d’autres, comme l’investissement dans la lutte contre la pauvreté infantile, la sauvegarde du modèle de protection sociale, la politique de l’innovation et les investissements dans la croissance économique.

Le ministre-président flamand estime également que beaucoup dépendra de la façon dont le gouvernement fédéral mènera ces prochaines semaines la 6e réforme d’Etat. « J’aimerais avoir un timing. Cela manque de clarté. Je voudrais bien savoir quand la Flandre bénéficiera de ses nouvelles compétences, afin que nous puissions nous préparer. Nous voulons intégrer au mieux ces compétences et gagner ainsi en efficacité », lance Peeters à l’adresse du gouvernement Di Rupo.

Et de conclure qu’une législature d’encore deux ans seulement « est brève. Il faudra travailler très dur. Quoi qu’il en soit, chacun doit faire ce qu’on attend de lui ».