Trop âgé dès 40 ans pour le marché de l’emploi ?

Si l’on en croit une enquête réalisée par le bureau social SD Worx auprès de 800 petites et moyennes entreprises, les employeurs montrent peu d’intérêt à embaucher des travailleurs plus âgés. Dans la pratique, la limite d’âge pour engager des nouveaux effectifs semble être descendue à 40 ans, rapporte le quotidien Gazet van Antwerpen sur base de l’enquête.

Le bureau social SD Worx a mené enquête auprès de 816 entreprises belges qui emploient moins de 800 travailleurs. Il en ressort que les patrons de ces PME se montrent peu intéressés par des travailleurs plus âgés, qui bénéficient pourtant d’une plus grande expérience. Dans la pratique, ces employeurs ont des réticences plus nettes à embaucher des demandeurs d’emploi qui ont dépassé l’âge de 40 ans.

Parmi les raisons que ces employeurs donnent pour expliquer leurs réticences, l’argument des prétentions salariales des travailleurs plus âgés ne figure pas (ou plus) dans la liste des dix principaux reproches formulés. La principale raison avancée par les patrons serait la crainte que les travailleurs plus âgés manquent de motivation.

Lors de son enquête, SD Worx a constaté que près de la moitié des entreprises ont engagé du personnel l’an dernier. Seules 27% de ces dernières ont alors manifesté de l’intérêt pour des travailleurs âgés de plus de 40 ans.

Les préjugés à l’égard des travailleurs de plus de 50 ans sont apparemment encore plus importants puisque à peine 8% des entreprises qui ont embauché en 2011 se sont intéressées aux candidatures de travailleurs de cette tranche d’âge.

Selon Johan Van Druysse de SD Worx, la plupart des personnes qui sont engagées à l’heure actuelle par des petites et moyennes entreprises ont moins de 40 ans. « Quelque 46% des demandeurs d’emploi engagés par les PME ont moins de 25 ans, et les 54% restants ont entre 25 et 39 ans ».

Les PME prudentes sur les engagements en 2012

L’enquête de SD Worx auprès des 816 petites et moyennes entreprises révèle également que seules 22% des PME belges s’attendent à travailler avec davantage de personnel d’ici la fin de l’année, alors que ce taux était encore d’environ 30% l’an dernier. D’autre part, 13% des entreprises questionnées s’attendent à terminer l’année avec moins de collaborateurs. C’est deux fois plus que les 5,9% de l’an passé.

Les PME semblent donc plus prudentes en matière d’engagements par rapport à 2011. C’est particulièrement le cas dans le secteur secondaire (les activités liées à la transformation des matières premières), sensible à la crise, où 68% des PME espèrent pouvoir terminer 2012 avec le même nombre de collaborateurs qu’à l’heure actuelle. Seules 18% s’attendent à une hausse de l’emploi (contre 29% l’an passé). Dans les secteurs tertiaire (les services) et quaternaire (industries de hautes technologies), 24% pensent pouvoir engager d’ici fin 2012 (contre 29% l’an dernier).

Les entreprises ne sont en outre pas très positives quant à la possibilité de combler rapidement des postes vacants. Seules 42% des PME interrogées pensent que les emplois disponibles seront rapidement attribués. SD Worx souligne que les doutes sont fondés dans ce domaine. En effet, « quelque 55% des PME en Flandre ont actuellement des postes vacants qui tardent à être attribués, contre 36% en Wallonie et à Bruxelles ».