Budget: 2 milliards d’efforts avant lundi

Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn souhaite que la Belgique prévoie de 1,2 à 2 milliards d'efforts budgétaires supplémentaires d'ici lundi matin pour le budget 2012, selon une lettre du commissaire finlandais au ministre des Finances Steven Vanackere.

Les services de la Commission estiment que le budget 2012 présenté par la Belgique n'aboutit pas à un déficit de 2,8% du Produit intérieur brut (PIB) comme présenté par l'équipe Di Rupo, mais bien de 3,25%, soit au-delà des 3% exigés.

Ils pointent notamment du doigt l'impact surévalué de certaines mesures (réforme des intérêts notionnels, hausse des taxes sur les intérêts et dividendes, une partie des économies en dépenses de soins de santé) et le gain escompté dans la lutte contre l'évasion fiscale. La croissance économique aussi serait légèrement surévaluée.

Cela étant, "la meilleure solution serait que le gouvernement belge adopte dans les jours à venir des mesures structurelles s'élevant au moins à 0,3 ou 0,5% du PIB (soit de 1,2 à 2 milliards d'euros)", estime Olli Rehn. "Cela nous permettrait de conclure momentanément que la Belgique a engagé les efforts fiscaux requis pour aboutir à un déficit de 3% du PIB en 2012", ajoute-t-il.

Si des mesures supplémentaires n'étaient pas possibles dans l'immédiat, une solution de rechange serait de prévoir une réserve budgétaire d'un montant équivalent en gelant, au moins temporairement, certaines dépenses budgétaires complémentaires dans le budget 2012, suggère le commissaire.

La Commission doit se prononcer mercredi 11 janvier. Elle attend la réponse de la Belgique pour la fin de cette semaine, "lundi matin au plus tard".

"Une possibilité de gel des dépenses"

Si le ministre des Finances, Steven Vanackere, s’est montré vague sur les moyens de ramener le budget 2012 dans les limites imposées par l’Union, il a toutefois souligné son intention d’arriver à un consensus avec la Commission européenne.

"Nous dialoguons avec la Commission européenne depuis le 20 décembre", a indiqué M. Vanackere. Le démocrate-chrétien trouve "simplement normal" que des demandes surgissent, ce qui ne veut pas nécessairement dire que la Commission ou le gouvernement aurait commis une erreur quelque part.

La Commission attend plus de précisions de la part de la Belgique dès la semaine prochaine. La vice-première ministre Laurette Onkelinx s'interroge sur le travail de calcul des fonctionnaires européens alors que Didier Reynders reconnaît que des mesures complémentaires seront "très certainement" nécessaires. Il a ainsi souligné la possibilité de geler temporairement plusieurs dépenses, une chose que "le commissaire européen (Olli Rehn) a lui-même proposé".

Steven Vanackere est resté assez vague sur ce point. Il s'attend à ce que les chiffres du gouvernement et de la Commission se rejoignent progressivement, par la voie du dialogue. Il est également convaincu que lors du prochain contrôle budgétaire en février, des "décisions politiques importantes" interviendront.